Chronique]
Fear Cult
Visionary Complex
.:: 2003 :: Cleopatra Records ::.
>> Style >> death rock
Fear Cult. Si ce nom ne vous dit rien, vous allez bientôt en entendre parler. Cette formation américaine est le dernier atout dans la manche de Cleopatra, qui joue ici son sauvetage financier. Et autant dire que le groupe ne laisse pas indifférent, et est promis à un certain succès commercial, notamment de par l’imagerie qu’il utilise, en combinant l’outrance du mouvement Batcave originel à une esthétique plus moderne empreinte de vinyle. Mais passons à ce qui nous intéresse, la musique !
L’album commence sur « Drop Dead », quasiment un tube pour dancefloor (comme le prône d’ailleurs son refrain ridicule « on the dancefloor »), ou les guitares côtoient un mélange d’électronique plutôt bien pensé. Deux vocaux investissent le champ auditif, l’un masculin, principal, et l’autre, en soutenance, féminin. On reste sur nos gardes. Puis survint « If You’re Watching », qui obtient admirablement la mention « tube ultime ». Boîte a rythme quasi dancefloor, basse hypnotique et guitares entêtantes, vaste programme, auquel s’ajoute la voix si particulière de Matt Riser, indéfinissable, tantôt Rozz Williams, tantôt Specimen, mêlée à une façon de chanter complètement désarticulée… S’ensuit alors quelques morceaux d’une qualité moindre, dont « People Like Me Die Young » et ses paroles vraiment…déroutantes, ou encore « Sex Beat », alignant tous les clichés du genre, mais au refrain toutefois entraînant. Mouais, petite déception quand même après la qualité des deux premiers titres. Mais on ne se laisse pas aller, et on poursuit l’aventure. On tombe alors sur un « Gorgeous Shade of Red » vraiment surprenant, mêlant admirablement influences contemporaines avec une touche de Specimen inattendue. On reprends du poil de la bête, mais un « Loves Me Not » plutôt métal nous replonge dans la torpeur ! « Sleepless Night » et son ambiance apaisante réussie pourtant à nous réveiller, grâce à son rythme, qui arrive à se jouer de nous jusqu’à la fin. Et puis il y a « …In Time… », qui surpasse même « If You’re Watching » au niveau qualitatif. Ce morceau possède vraiment tout. Une mélodie de clavier hallucinante, qui reste en tête des heures durant, mêlée à une rythmique rapide, à des guitares agressives, et toujours ce chant particulier, marque de fabrique du groupe.
Pour conclure, si cet album n’est pas très homogène (il contient de l’excellent comme du pire), nul doute que la scène gothique devra désormais compter sur Fear Cult et son habile mélange de Death-Rock 80’s et de sonorités modernes. Il est à parier que le groupe, qui a su créer un admirable mélange des genres (façon London After Midnight), devrait réellement décoller avec son prochain opus, attendu de pieds ferme. Bonne surprise.
connectez-vous

