Chronique]
Tuatha de Danann
Après un "Tuatha de Danan" et un "Tingaralatingadun" qui avaient laissé quelques traces de leur poussière féerique dans un coin de mon subconscient; voici nos troubadours brésiliens de retour pour faire sonner une nouvelle fois leur folk métal endiablé avec "The delirium has just begun...". En fait il ne s'agit pas vraiment d'un nouvel assaut mais d'une réédition de l'album sorti l'année passée agrémenté de deux bonus issus du précédent albums... mais le plaisir n'en ai pas moindre. Tuatha de Danann est toujours un vecteur authentique de magie ethnique mélangeant comme des ingrédients secrets un peu de Metal, beaucoup de folklore celtique, quelques pointes de Death, un soupçon de Goth et beaucoup d'émotion dans une potion d'une efficacité extrême. D'apprenti sorcier, le groupe a gravi là encore un échelon supplémentaire le portant vers le puissant, à mi chemin entre l'atmosphère enjouée d'un Mago de oz, l'ombre planante d'un Bathory période "Twilight of the gods " ou "Hammerheart" et l'apport du folklore traditionnel celte. Quelle richesse dans les interventions vocales et dans l'utilisation d'instruments empruntant à des univers musicaux différents toute leur subtilité. Décidément peu sont les groupes qui comme Tuatha de Danann savent marier technique et puissance sans tomber dans le piège du chaos sonore.
"Brazuzan-taller than a hill" et sa frêle intro à la flûte s'abandonne comme un don à l'auditeur sur un folk bien heavy. Doté d'une farandole de notes entraînantes qui tourbillonnent entre le timbre mélodique de Bruno Maia et une voix death poignante le titre s'éteint sur un final joyeux; démonstration en force des choeurs de quelques loyaux partisans de la cause Metal.
"The last pendragon" se fait d'emblée plus speedé avec quelques nappes de claviers futuristes; mais c'est pour mieux imposer la suprématie de sa sombre tonalité Death plaquée sur des harmonies orientales. Un mélange surprenant dont l'originalité confère finalement une vraie personnalité au morceau qui virevolte de toute part pour se perdre tantôt vers des mélodies moyenâgeuses, tantôt vers le fun de riffs Zakk Waldiens ou encore une atmosphère sombre et planante presque gothique. Ce qui pourrait apparaître chez d'autres groupes comme une multiplication malvenue de références, s'imbrique ici parfaitement pour construire un édifice solide à la gloire de Tuatha de Danann.
3ème morceau et 3 ème ambiance, "Abracadabra" se fait plus doux tapit dans un univers acoustique moyenâgeux proche d'un Blackmore's night ( en plus heavy tout de même ).avec une alternance voix masculine/féminine bouffée d'oxygène d'un titre à la fois teinté d'une profonde émotion et très festif avec ses rythmiques cadencées.
Puis c'est une note d'exotisme qui vient débuter "The last words"; rappelant les origines du combo avec une tarentelle digne du folklore d'Amérique latine. Sur ce titre, le traitement de la voix soliste est magnifique, Bruno dégageant une chaleur proche de celle d'un Bruce Dickinson. Petit moment d'apaisement avec le lent "The wanderings of Oisin" et sa flûte en toile de fond; quelques interventions d'Isabel Tavares venant ponctuer ce morceau aux allures de Led Zeppelin. Puis c'est au tour du long "The Delirium Has Just Begun" de trôner majestueusement comme un fier descendant du planant "Twilight of the gods"( Bathory) mais un descendant éprit de liberté puisqu'il se démarque aisément avec un goût prononcé pour le folk progressif. Du coup ce titre, où toutes les facettes des autres morceaux sont représentées dans une sorte d'accumulation sans autre lien légitime que celui de dénoter une certaine notion de "délire" du groupe, paraît un peu fouillis ...et donc moins efficace que les précédents titres.
On achève cette percée dans le monde de Tuatha de Danann par deux bonus "The dance of the little ones" et "Behold the Horned King", remastérisés pour cette édition limitée, rappelant que "Tingaralatingadun" était lui aussi empreint de cette atmosphère multi-vocale et multi-instrumentale toute particulière dégageant une énergie rayonnante. On remarque également que ces deux extraits étaient moins riches davantage dans la lignée d'un Mago de Oz.. C'est donc un bon moyen de noter à nouveau la belle évolution de ce combo sur vitaminé qui réserve son lot de surprises. Le délire va continuer ...Tuatha de Danann se tient désormais prêt à régaler les fans venus d'horizons divers mais tous réunis autour d'une passion pour le Metal...festif.
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