Chronique]
Quand un album vous a laissé une trace indélébile comme "Sign of truth", le second arrive un peu tel un messie en territoire conquis. Pourtant nombreux sont les exemples où cette redécouverte d'un groupe est source d'une immense déception, ce dernier étant resté sur des positions stratégiques trop évidentes, voulant davantage assurer ses arrières que prendre des risques pour mériter à nouveau cet intérêt premier.
Et bien avec "Anima Mundi", nouveau bébé des dieux, il faut avouer que..... ce n'est pas du tout le cas. L'oeuvre s'inscrit bien entendu dans la continuité du premier album mais ouvre en un même temps des horizons vocaux et mélodiques d'une grande variété. Sous couvert d'un Power Metal mélodique, les germano-suédois partent à la conquête d'un Heavy plus classique parfois néo-classique avec des choeurs somptueux et surtout un Olaf Hayer en passe d'être propulsé, ici, meilleur chanteur du style de par l'étendue de sa palette vocale.
A la fois fantôme errant sur la sphère speedée des regrettés Stratovarius ( oui c'est une évidence "Visions " et "episode" ont été mais ne seront plus snif snif ) et petit frère de Luca Turilli, Primal Fear, Symphorce, U.D.O et compagnie, le groupe avance des mélodies très très bien construites mixant toutes ses influences au sein du cohésion parfaite et extraordinairement efficace. C'est réellement une torture que d'essayer de mettre en avant un titre plutôt qu'un autre tant ils se démarquent tous par des ambiances diverses et ont tous des qualités intrinsèques évidentes. Que ce soit le speed classique "Divine" façon Stratovarius/Heavenly enjoué avec des claviers futuristes fuyant sur des rythmiques agressives et lourdes ou "Bringer of war" plus heavy et lent avec ce chant narratif presque théâtral lui conférant une dimension sombre, le point commun de tous les morceaux est de dégager un maximum d'émotions sans redondance des sentiments exprimés. Et donc tout simplement d'éviter que s'installe une lassitude chez l'auditeur. "Anima mundi"n'échappe pas à la règle et arrive triomphalement avec son côté accrocheur, son superbe refrain et ses parties lentes rappelant celles d'un "Dust to Dust"(Heavenly). De quoi se régaler en live... Puis c'est au tour d' "Heart is crying" d'arroser de son classicisme notre platine avec une vraie pertinence due à la force d'interprétation de son chanteur et aux guitares à la fois incisives et techniques déversant leurs flots de notes néo-classique. Belle rapidité pour " what" à l'intro majestueuse et aux choeurs non moins percutants alliance de heavy et de la finesse d'un doigté incomparable. Tout l'art de Dionysus réside en fait dans ce subtil mélange de rudesse et d'allégresse révélant incontestablement une des consécrations auditives de l'année. En effet, car si le combo a su tirer partie du meilleur de la technicité propre au neo-classique et de l'aspect rentre dedans du power Metal pour nous proposer cet album enchanteur, il ajoute à cela une certaine modernité proche d'un Brainstorm ou d'un Symphorce qui lui permet d'éviter le piège d'un Metal passéiste, stagnant sur ses acquis. Mais le meilleur reste encore à venir avec le tolkkien "Closer to the sun" et le guerrier "March for freedom" tout droit sorti de l'antre d'un Accept ou d'un Hammerfall. Ce dernier gagne au passage d'harmonies symphoniques et de lignes vocales tranchées à l'épée; une dimension universelle incontournable.
Bref, vous l'aurez compris, Dionysus confirme là belle est bien son désir de faire partie d'une élite. Et face au résultat l'on ne peut que s'incliner à la gloire à de ce groupe et de ses guerriers métalliques ( chanteur en tête) qui nous honorent d'un "anima mundi" olympien. A acheter d'URGENCE !!!
Tracklisting :
01. Divine
02. Bringer of War
03. Anima Mundi
04. Heart Is Crying
05. What
06. Eyes of The World
07. March For Freedom
08. Closer To The Sun
09. Forever More
10. Paradise Land
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