Chronique]
7 Tone
Le suisse Greg Costacurta, désormais seul maître à bord de 7 Tone, mène le navire de l’introspection. Ses paysages expérimentaux et désolés en appellent sur "La Science Des Fous" aux ambiances et aux textures de l’industriel, mais les contours esquissés se dissolvent sans arrêt dans des formes mutantes, distordues, inquiétantes. Produit par le célèbre Franz Treichler (membre de The Young Gods), ce disque abstrait et dynamique à la fois donne l’impression de quelque chose qui n’a pour but que de caresser les méandres de l’esprit : parcours intérieur pour l’auteur, frissons garantis pour l’auditeur. Aucun genre n’emprisonne "La Science Des Fous", rien ne canalise vraiment le son : du semblant de Dark Dub Industriel et hypnotique qui anime "The Bentnail", il ne reste que peu de choses sur les formats plus courts, telles ces ambiances lunaires et minimales qui forgent les titres les plus introspectifs ("Brume"), ou grèvent des percussions aussi linéaires que retenues ("Lost"). Les ambiances elles-mêmes suivent un chemin sinueux, passant de choses assez opaques vers des moments beaucoup plus sombres et inquiétants, au fil de tessitures qui remémorent certaines esthétiques propres à Cold Meat Industry : "Alas" mime ainsi un rapprochement avec le Dark Indus martial de certaines formations connues, tout en opérant une certaine retenue (rejoint en cela par le titre "La Science des Fous"). Il est suivi par un "Luseeder" lancinant et oppressant, organisant un crescendo bruitiste empli de voix venues d’ailleurs.
"La Science Des Fous" ne se laisse pas saisir aisément. Ce disque possède un potentiel réellement cinématographique et vous plonge dans les méandres de votre propre esprit, vous remet en question.
En aurez-vous le courage ?
Tracklisting :
1. Infranorme
2. Echowedding
3. The Bentnail
4. Brumes
5. Lost
6. Alas
7. Luseeder
8. Daudi I slottet Tar Oss
9. Harmoloop
10. La Science des Fous
11. Half
12. Dracul
13. Voices
14. Petiot
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