Chronique]
Epica
Autant vous le dire tout de suite, ce Epica nouveau est plutôt décevant. On avait pourtant été bluffé par un combo qui sortait catapulté à demi de nulle part avec un tas d'idées pas mauvaises dans son bagage, "The phantom Agony" en figure de proue.
Alors il reste bien quelques bons morceaux, qui "balancent grave" et qui nous font croire qu'Epica aurait pu éviter le même iceberg que celui percuté par un certain After Forever. Mais c'est bien dans une montagne d'enlisements qu'est entré de plein fouet Epica. Le tempo et le propos se sont considérablement ramollis et on a presque l'impression de n'être pas si loin de moites mièvreries de certains de leurs compatriotes désormais intronisés par les grands médias. Si dans les deux cas on regrette le punch et la fraîcheur des débuts, en ce qui concerne "Consign to oblivion", il faut bien reconnaître que tout n'est pas perdu. On croise en effet encore quelques growls accompagnés d'un divin matraquage rythmique en règle. Tellement naturel qu'on reprendrait presque espoir.
Les pointes épiques n'ont pas été totalement oubliées non plus, assez exagérées même à certains moments, ce qui rend très bien. En revanche certains passages "symphoniques" à outrance ont une méchante odeur de déjà entendu, singeant les grandes productions cinématographiques, leur empruntant une grandiloquence fatigante mais leur laissant le charme et la grandeur. En bref vous l'aurez compris, la qualité de cet album est très variable. On passe sans transition d'une plate balade n'ayant que l'intérêt marketing de posséder la voix de Roy de Kamelot, et encore, à un final royal de 10 minutes où se côtoient excursions flamboyantes, pont atmosphérique sublime, grands riffs métal et fureur non contenue.
Ce "Consign to oblivion" manque manifestement de souffle. Les passages lents et autres balades pourraient s'avérer succulents s'ils n'étaient autant exempt de l'implication et de la conviction dont font preuve les passages réellement métal. Comme si cette séparation ne faisait pas l'unanimité au sein du groupe. Il reste à Epica quelques idées, espérons qu’il les utilisera à meilleur escient par la suite, car la sympathie qu'on lui avait accordée au départ commence à s'effriter sérieusement.
Tracklisting :
01 Hunab K’u 'a new age dawns' prologue
02 Dance of fate
03 The Last Crusade
'a new age dawns' #1
04 Solitary ground
05 Blank infinity
06 Force of the shore
07 Quietus
08 Mother of light 'a new age dawns' #2
09 Trois vierges
10 Another me 'in lack’ech'
11 Consign to oblivion 'a new age dawns' #3
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