Chronique]
Taint
Roadmap de « The Ruin of Nova Roma” en trois objectifs simples et directs :
- Objectif n°1 : retourner l’auditeur en lui infligeant une sévère raclée à base de rock pur jus et méchamment allumé. Lui envoyer des riffs saignants, sans répit. Faut que ça sludge mec !
- Objectif n°2 : une fois qu’on l’a bien calmé, le caresser dans le sens du poil, jusqu’à lui faire atteindre l’extase. Mais le caresser avec les ongles, histoire qu’il sente bien que tout de même, tout plaisir naît dans la douleur.
- Objectif n°3 : Voir objectif n°1
Taint, un trio avec un gros cœur pour être capable d’envoyer sans trembler de tels assauts dévastateurs avec juste une guitare, une basse et une batterie. Comme depuis toujours, mais différemment, une fois de plus, nouvelle géométrie d’un format épuisé. Jouer à en crever, jouer carré et sauvage, jouer heavy avec les tripes.
« Zealots and Whores » et « the Sound-Out Competition » sentent à plein nez la scène de Seattle brûlée puis réinvestie par le stoner sans foi ni loi, renflements de basse percés de gimmicks rock acérés, The Mars Volta meets Jane’s Addiction lors d’une soirée chez Kyuss. Ca fonctionne fort, ça sent le kérosène porté par le vent, ça attaque le cerveau jusqu’à devenir fou (« Drunken Marksman »).
Et d’un coup, on bascule vers l’épuré qui grossit et s’énerve à vue d’œil (« The Idol/The Memory ») pour tomber dans l’instrumental mélodique (« The Ruin of Nova Roma ») avant l’apothéose post core sublime « Amaranthine ». Un tout autre univers comme Isis sait les peindre, superbe et limpide, une voix féminine magnifique et une ligne de basse à pleurer de beauté, les guitares qui grattent pour se faire leur place, neuf minutes de pur bonheur après plus de 25 minutes de combat. Et comme si ce n’avait été qu’un mirage, on est replongé aussi sec dans le magma des riffs brûlants, retour à l’envoyeur pour une fin d’album en fanfare.
Ces anglais ont vraiment le truc, ce groove sombre qui coule de source et pourtant loin d’être évident (« Cours Et Conquistadors »), cette facilité écoeurante d’abrutir de plans incisifs et chauffés à blanc puis de jouer sur les émotions la seconde d’après.
Taint avait du se fixer trois objectifs pour « The Ruin of Nova Roma ». Ils sont atteints, haut la main mais avec les doigts qui saignent et la sueur qui dégouline. Terrible !
Tracklisting :
01. The Sound-Out Competition
02. Zealots & Whores
03. He Got Cop Eyes
04. Drunken Marksman
05. The Idol/The Memory
06. The Ruin Of Nova Roma
07. Amaranthine
08. Im Going To Kill Henry Ford
09. Poison Pen Attack!
10. Cours Et Conquistadors
Poison Pen Attack !
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