Chronique]

Thy Majestie Jeanne D'Arc Scarlet Records

Thy Majestie

Jeanne D'Arc

.:: 2005 :: Scarlet Records ::.

>> Style >> Metal symphonique conceptuel



Délectable concept- album rendant hommage à une de nos célébrités nationale (....et féminine) en la personne de l' incandescente Jeanne D'Arc; Thy Majestie réussit là un coup de maître.
Tout est sublimement conçu, tant l'orchestration que les lignes vocales , les arrangements ou encore les parties de six cordes acérées. Rien n'est redondant; permettant une écoute à la fois cohérente et remplie de rebondissements.
Bien entendu, le changement de vocaliste était soit nécessaire mais le choix est encore une fois un peu regrettable. Et oui Giulio Di Gregorio dessert un peu moins que son prédécesseur l'Epic Metal symphonique des italiens sur la voie sans pour autant l'égaler d' un Fabio Lione. Malgré tout , le mimétisme avec la bande à Luca est loin; Thy Majestie va de l'avant brillant en émotion et en inventivité là où Rhapsody s'englue dans une monotonie abyssale.
L'ouverture délicate quasi monastique de "Revelations" prenant un envol solennel grâce à une orchestration grandiloquente s'avère représentative d'un album très narratif qui éclate aux oreilles de l'auditeur avec le power speedé "Maiden of Steel", parfaite représentation auditive de la ténacité de notre frêle vierge victorieuse. Usant tantôt d'un subterfuge de claviers façon Ayreon tantôt de la force de frappe rythmique d'un power puissant, le titre annonce un concept qui fera date dans les annales. S'en suit "The chosen", plus ethnique, qui déverse ses cavalcades de notes sur l'auditeur à la manière d'un Kamelot inspiré avant de passer à "Ride to Chinon" parfaite alliance de symphonique et de Heavy Metal à la scandinave. Le morceau en fait nous emmène sur le chemin royal de l'inspiration même du groupe, alternant passages speedés aux rythmes plombés à des moments d'accalmies presque progressifs. On est pas aux bouts de nos surprises...Dommage tout de même que la tessiture de Giulio ne révèle pas assez l'intensité de ses heures épiques et dramatiques. L'intro instrumental "For Orleans " serpente dans un univers solennel avec ses gros choeurs d'église ouvrant la voie à une mélodie enlevée et guerrière royalement défendue par le traitement vocal très agressif. Speed symphonique tel est l'apanage de "Up to the battle " un morceau axé sur un duel claviers ( au son futuriste détestable)/ six cordes. Puis c'est au tour du pesant "March of the brave " de venir convaincre l'auditeur encore septique. Le titre est tout bonnement majestueux avec son entrée en matière orchestrales dotée de cuivres puissants. La mélodie très "filmique" n'est en fait qu'un prétexte instrumental au morceau suivant, usant et abusant de la double grosse caisse, "The rise of a King".
Le périple touche presque à sa fin et voilà notre Jeanne au siège de Paris, ce titre lugubre, parfait reflet de l'ambiance instable de l'époque est l'une des pièces maîtresses de l'album. Utilisant le meilleur des choeurs et l'aspect syncopé d'une instrumentalisation finement pensée, le morceau vous emplit d'un mal être certain encore amplifié par le timbre acerbe du vocaliste. L'impact progressif fait indéniablement penser à du Kamelot presque à du Symphony X. S'il ne fallait retenir q'un titre de ce "Jeanne d'Arc " ce serait celui là tant il est fort en émotion et riche musicalement; flirtant sans mal avec le Metal opéra !
"Time to Die" enchaîne délicatement piano en avant, très narratif dans ses intonations vocales mais aussi moins bien réussi que son prédécesseur; on ne croit pas du tout aux élans vocaux désespérés de Sieur Di Gregorio. Ca sonne faux au possible, heureusement le tout aussi lugubre "Inquisition" ( encore un instrumental) fait son entrée, donnant le coup de grâce à l'auditeur en mal d'émotion malsaine. Susurrements funestes, grandes orgues, tout y est pour remettre en valeur le caractère solennel de l'oeuvre des italiens. Le rideau tombe sur un "Trial " très progressif déballage de technique et de mélodies partant dans tous les sens puis se ralliant aux riffs d'un Heavy puissant et fédérateur.


Décidément, voilà une belle leçon d'histoire française donnée par un groupe italien plein de bonne volonté. Sans crier au génie , on ne peut qu'approuver l'ardeur créatrice de ce combo qui a su mêler la tradition Heavy des Métal opéras, au symphonique et au progressif pour allumer l'étincelle sacrée dans les yeux des auditeurs; consumant du même le scepticisme ambiant face à ce genre musical pour le transformer en un grand bûcher à la gloire de Thy Majestie

Tracklisting :
1. Revelations
2. Maiden of Steel Écouter Maiden of Steel
3. The Chosen
4. Ride to Chinon
5. ...for Orleans
6. Up to the Battle!
7. March of the Brave
8. The Rise of a King
9. Siege of Paris
10. Time to die
11. Inquisition
12. The Trial


Dël

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