Chronique]
Kerion
Rien qu'à la vue de la pochette et du track listing, on suppose de suite que l'on a à faire à du sérieux. Ensuite on appuie sur la touche play de la platine et c'est LA confirmation. Nos suppositions étaient donc vraies ! Une Orchestration et des choeurs grandiloquents, des arrangements comme s'il en pleuvait, les niçois de Kerion ont une ambition et une créativité débordante qui transparaît au grand jour avec ce "The last sunset".
D'ailleurs appeler un tel objet " démo" sonnerait presque faux ou tout du moins un peu étrange devant tant de professionnalisme. Et ce n'est pas la durée de la chose dépassant l'heure de musique qui va me contredire.
Le Metal symphonique du groupe emprunte autant à Nightwish qu'à Rhapsody ou serais-je plutôt tentée de dire à Fairyland car à l'instar de leurs compatriotes, les musiciens de Kerion ont opté pour l'option "chant féminin". Pas un chant lyrique à la Tarja, mais un timbre posé tour à tour agressif et mélodique faisant tantôt penser à Lana Lane et tantôt à Elisa C.Martin sur les passages les plus acerbes. Voilà donc le pourquoi d'un rapprochement inévitable avec Fairyland.
Dans l'ensemble , Flora s'en sort plutôt bien. On pourrait tout de même lui reprocher ici et là un léger manque de conviction sur des textes auxquels elle n'a point collaboré. En effet, "The last sunset" est le second volume d'une trilogie médiévale fantastique façon épée d'émeraude écrite par Christophe Barberi, un proche du groupe.
Même si on y habitué maintenant (depuis le premier album de Rhapsody et tous les clones qui ont suivi) ce type de Metal à tendances symphoniques, quand il est bien joué et qu'il sort un temps soit peu des sentiers battus, à quand même fière allure.
Et comme Kerion, fait à l'évidence, partie de cette race d'ingénieux inventeurs prêts à apporter une touche de fraîcheur au style, on ne peut que les saluer.
Oui car même s'ils puisent ça et là quelques plans déjà entendu chez leurs aînés, il font également preuve d'une maturité certaine et d'une créativité qui ne peut inspirer que le respect. Nos musiciens ,malgré leurs faibles moyens ont réussi le pari de nous offrir le meilleur d'eux même et le résultat est époustouflant. Bon, d'aucuns dirons que la chorale Rimiez de Nice qui apparaît sur la moitié de l'oeuvre, à la fâcheuse tendance de donner une consonance "choriste" à ces morceaux plutôt mal venue. Mais passée outre cette légère faute de goût, Kerion alterne le bon et... l'excellent comme sur "Buffons of sephiria" ,un titre épico-celtique digne des plus grands, où Flora réalise sa meilleure performance vocale.
Même si les niçois n'ont pu s'empêcher d'utiliser tous les poncifs du genre comme la sempiternelle voix death sur "Dragonfly" qui n'apporte pas grand chose au morceau, les longues plages instrumentales et interludes parfois franchement pompeuses qui cassent un peu le rythme de l'ensemble, "The last sunset" est une oeuvre qui mérite qu'on lui prête une oreille attentive.
Elle réussit sans mal à nous transporter vers des contrées féeriques et imaginaires, je dirais presque envoûtantes....Ce qui est très prometteurs car rappelons nous tout de même que "The last sunset" n'est qu'une démo avec toutes les imperfections sonores propres à cet exercice fatal à nombre de combo...
Une douce reprise qui vient du froid, clos l'album de la meilleure manière. Avec une production digne de ce nom et quelques retouches ici et là, Kerion n'aura pas à rougir devant les références du genre. Si l'on compare cette oeuvre de qualité à quelques "bouses" signées par certains labels, il est impossible que "The last Sunset" n'en reste qu'au stade de démo. A se procurer d'urgence !!!
Tracklisting :
01. Time of fantasy Part I
02. Time of Fantasy Part II
03. Centaurs
04. The Gathering
05. Buffoons of Sephiria
06. Dragonfly
07. Ghosts of memories
08. Rise Of The Dwarves
09. Dark Isle Part I
10. Dark Isle Part II
11. Victory of Darkness
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