Chronique]
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Artica
Débutée en 1989, l’aventure des Italiens les a fait combiner chant en italien et sonorités communes aux mouvements Dark et Cold Wave. Dans la grande tradition de ces sonorités délicatement lugubres, Artica poursuit un cheminement rock modelé pour partie sur une typologie organique et gothique, période eighties.
A travers le spectre de ces influences qu’on devinera assez aisément, les voix d’Alberto Casti rappellent un brin le vibrato maniéré de ce qui se vit chez (les seconds couteaux) Vendemmian ("Sacrificium"). Mais il choisit de revenir majoritairement à des textes chantés en anglais, contre quelques bribes d’italien et d’allemand.
Les formes musicales, elles, couplent une certaine emphase à un classicisme absolu. Une tentation tribale imprime ci ou là un propos héroïque et qui s’associe à des tournures arpégées, pop et mélancoliques ("Plastic Terror"). Artica expose ainsi tout au long de ce nouvel enregistrement un propos qu’on sent mûri et qui n’éprouve aucun complexe. La formation développe sans faillir des ballades gorgées de nappes synthétiques et de ces guitares, quoique discrètes, qui épointent avec justesse l’ensemble ("Ocean" se tient mieux que bien). L’association entre couches électroniques et fondamentales rock (les guitares ne sont pas bavardes mais placées avec justesse et efficacité) aboutit à des espaces sonores habités (mais un peu moins inspirés lorsqu’ils tirent vers le Metal, tel que sur "Aggressione" ou le plus tenu, nerveux et final "Roma Brucia"). Formulés avec soin et souvent délicatesse, il leur manque souvent un peu de hargne ("Engel") et un son plus "live" pour instaurer la tourmente et le bouleversement subséquent.
C’est pourtant une hybridation formelle relativement réussie sur l’ensemble de ce chapitre qui se produit et consacre un songwriting plaisant, empruntant aux évidences de la Pop pour la couvrir d’un filet noir et romantique (les adeptes de Zeraphine devraient apprécier). Parvenant à une forme qui tâche de renouer avec la flamme du genre originel ("Nemesi"), Artica ne dépasse pas vraiment les sagesses du cadre pour porter le rock goth en seconde jeunesse. Il en résulte une œuvre appliquée et recommandable qui, globalement, devrait séduire les adeptes d’un genre resté unique et avare en suites d’envergure depuis les années de sa flamboyance.
De là à dire qu’il y a là possible nouveau disque de chevet, il est une supposition sur laquelle on ne s’avancera pas. Car s’il est là une implication collective indéniable, il y manque encore un brin de magie.
Tracklisting :
01. Black Eyes 
02. Sacrificium
03. Plastic Terror
04. Ocean
05. Engel
06. The Deserter
07. Nemesi
08. Fade away
09. Aggressione
10. I don't fit
11. Roma Brucia
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