Chronique]
Certains verront sans doute en "Meds" une forme régressive. Il s’avère en effet constituer un essai qui fait Placebo quitter les tentations modernistes s’étant dessinées le temps du surexploité commercialement (sans pour autant que le phénomène le vide de sa substance) "Sleeping with Ghosts".
Sous l’impulsion du producteur français Dimitri Tikovoï (Trash Palace), le trio international est en tout cas revenu de ses récentes ambitions électroniques pour signer un disque finalement assez rock, dans le désir peut-être de retrouver une forme d’innocence mais dont la fraîcheur est moins perceptible que sur leurs tout premiers opus. Naturellement et forcément, pourrait-on dire.
Quoi qu’il en soit, "Meds" réserve son lot de mélodies efficaces et ne retombe pas dans le travers de la fadeur d’un troisième album assez catastrophique ("Black market Music"). La bande à Molko signe de nouveau un condensé pop mélodique et direct, répétant une formule connue avec un brio certain qui, s’il ne surprendra pas grand monde hormis le temps de quelques incartades plus électroniques ou ambiantes (le beau "In the cold Light of Morning"), offre une mixture guitaristique marquée par une énergie presque juvénile ("Because I want you") et une entrée en matière des plus réussie (l’éponyme "Medsv en compagnie de VV, de The Kills). Tout comme la sortie d’ailleurs qui, au lieu de jouer la carte de l’outro en douceur, signe une évasion sur charbons ardents ("Song to say Goodbye").
"Meds", si l’on en attend un essai rock, est donc plutôt réussi. Et s’il ne révolutionne nullement l’écriture de Placebo, il en définit la constance et réaffirme les contours d’un style qui semble (malgré tout) atteindre certaines limites.
En toute efficacité, ce qui peut paraître paradoxal.
Tracklisting :
1. Meds
2. Infra-red
3. Drag
4. Space Monkey
5. Follow the Cops back Home
6. Post blue
7. Because I want you
8. Blind
9. Pierrot the Clown
10. Broken Promise
11. One of a Kind
12. In the cold Light of Morning
13. Song to say Goodbye
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