Chronique]
Mirrorthrone
Une aura de mystère entoure décidément Vladimmir, à l'origine de Mirrorthrone. Impliqué dans une pelletée de projets, opérant la plupart du temps en solitaire et dans l'autarcie la plus totale, réglant depuis son "antre" les moindres détails visuels, sonores, musicaux, textuels, conceptuels, il s'évertue à construire des œuvres de l'ampleur de ce « Carriers of dust ».
S'y déroule un black orchestral où le temps s'écoule par tranche de dix minutes: une errance irréelle, conceptuelle et en continuel vomissement. Trois axes guident l'architecture de « Carriers of dust »: les orchestrations sublimes, qui savent (ô miracle!) rester discrètes quand il le faut; les formats étirés, empoisonnant l'auditeur par leur hypnose structurelle; les paroles gangrenant l'esprit, hurlées à la lune, à l'humanité, et au néant. Pourtant, malgré l'évidente complexité de l'ouvrage, « Carriers of dust » est immédiatement percutant. L'extrême pertinence du riffing, les mélodies marquantes, l'utilisation intelligente de schémas habituellement peu malléables, la rythmique sans compromis, couplés aux premières bribes saisies de-ci de-là en français... et l'efficacité s'installe instantanément. Grâce à cette aisance, et débarrassé de toute contrainte humaine et technique (batterie programmée à l'excellence, justement inhumaine), Mirrorthrone étend tranquillement son étendard mortifère. Seule la phase de décantation permet alors d'aller plus loin, d'accepter petit à petit la violence et la toxicité de « Carriers of dust ». Après un nombre conséquent d'écoute, les pistes commencent à livrer leurs secrets les plus intimes. Conséquence, logique a posteriori, de la densité musicale proposée. Les idées pénètrent plus profond, les structures s'éclaircissent, les sons apparaissent. Et le processus d'appropriation de l'œuvre résiste largement à l'ennui auditif, un luxe.
La classe insolente de Mirrorthrone en ce début 2006 ne trompe pas. « Carriers of dust » est un disque d'exception, de ceux qui ne s'usent que très lentement. D'ossature black, son accessibilité lui ouvre pourtant toutes les portes.
Tracklisting :
01 A scream to express the hate of a race
02 Mortphose 
03 De l'échec et de son essentialité (point i. marginalité démystifiée)
04 Ils brandiront leurs idoles
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