Chronique]

The Killers Sam?s Town Island Records / Universal

The Killers

Sam’s Town

.:: 2006 :: Island Records / Universal ::.

>> Style >> poppy FM tunes



Les domiciliés à Las Vegas sont de retour en 2006 avec un "Sam’s Town" enregistré par Mark Gray et succédant au précédent et tapageur (mais plus spectaculaire que réellement passionnant) "Hot Fuss".

Pour "Sam’s Town", The Killers se sont armés des services de grosses pointures. Les noms de l’équipe désignée pour la production chanteront en effet à nombre de fans de Noise-Pop, de New Wave et de Rock. Messieurs dames, voici venir en scène les pointilleux Alan Moulder et Flood, habitués des gros coups de force mainstream. Aujourd’hui, ils servent à donner gonflette à une série de ritournelles pop assez amusantes (… mais malheureusement sans vrai style, il faut le dire) signées par ce quatuor constitué de Brandon Flowers (voix, synthétiseurs, éjecté de Blush Response courant 2002), David Keuning (guitares, co-fondateur de la mouture initiale de The Killers avec son camarade claviériste), Mark Stoermer (basse), Ronnie Vannucci (batterie). Le eterreau de l’inspiration collective, lui, ne laisse pas (vraiment) à désirer : les références clairement rappelées sur la page MySpace de The Killers se nomment Pixies, New Order, Joy Division, Depeche Mode, David Bowie du côté de ce qui nous chante ; et, pour en arriver aux côtés plus lumineux de la force (et franchement moins prisés ici) : The Beatles, Blur, Pulp, ou Duran Duran.

A vrai dire, le son de The Killers ne s’est franchement pas renforcé d’atours sombres mais au contraire, a déployé toute une palette de couleurs poppy sur ce nouvel album. Tout au long de cet enregistrement enjoué s’exprime alors la voix de Brandon Flowers, toujours empreinte (notamment dans ses grimpettes aiguës, notables sur les refrains) de ce je-ne-sais-quoi de Robert Smith. Bien peu de traces en ce second opus des ténèbres post-punk suggérées par les influences revendiquées. Tout cela vise à divertir, tout en se parant de quelques petites poussées héroïques rappelant un brin un U2 anesthésié, et ce sous le feu étoilé des boules à facettes de la piste. Mouais. Pour le reste, The Killers préfère s’armer de mélodies directes et d’un son très lumineux et chantant, plutôt que de se forger une véritable identité tout le long de rythmiques disco-rock assez basiques et programmées pour les night parties ("Bones"), dancefloors new wave et tout ce que cela suppose : succès FM en ligne de mire.
L’identité, c’est bien le principal problème de cette formation qui, par ailleurs, joue à ravir. Ainsi, parfois, au cœur de cette série de futurs tubes assez vite digérés (et oubliés, a priori), il se passe un petit quelque chose qui fait dire que The Killers peuvent plus tard surprendre davantage (le plutôt tendu et intéressant "Uncle Jonny", moment central du disque, plus riche en guitares et en expression que la moyenne du reste). C’est tout ce qu’on leur souhaite d’ailleurs, car pour l’heure eh bien... nous retournons à nos bons vieux standards.

Les vrais, ceux des années 80.

Tracklisting :
1. Sam's Town
2. Enterlude
3. When you were young
4. Bling (Confession of a King)
5. For Reasons unknown
6. Read my Mind
7. Uncle Jonny
8. Bones
9. My List
10. This River is wild
11. Why do you keep counting?
12. Exitlude


Emmanuël

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