Chronique]
Diablo Swing Orchestra
Prologue :
« Tout commença en l’an 1501 en Suède où, dit-on, sévît un orchestre comme nul autre pareil. Sa musique était si attractive et ses prestations si puissantes qu’il avait su conquérir le cœur et la raison de la population toute entière. Il devînt alors une source d’évasion et d’alternative face à la dure réalité quotidienne engendrée par le dictat de l’église et de la royauté. Mais conscient que son pouvoir sur les masses s’amenuisait de jour en jour, l’église se servit de l’orchestre comme d’un bouc émissaire, arguant que l’utilisation de tritons dans leur musique et que leur vie de débauche étaient la marque du diable. Dès lors, s’ensuivît une impitoyable chasse à l’homme qui condamna l’orchestre à la clandestinité totale. Mais un jour, las et épuisés de leur vie de fugitifs, les six musiciens du groupe finirent par se livrer en annonçant officiellement leur dernière représentation en public. Toutefois, avant cet ultime adieu, ils scellèrent un pacte dans lequel ils chargèrent leurs descendants de reformer le groupe 500 ans plus tard, afin de continuer leur travail de provocation et de propagande musicale. Arrêtés à la fin de leur grand final, les six musiciens furent immédiatement condamnés à mort puis pendus... »
Avec une telle présentation, on ne pouvait s’attendre qu’à un projet musical "diabolique" ! C’est peu dire à l’écoute de ce "The Butcher’s Ballroom" tant ce bouillonnement créatif parait animée de forces défiant les normes établies. En effet, cette réalisation se caractérise avant tout par son aspect inventif et fantaisiste, rien n’y est commun et convenu. Etayée d’une richesse artistique devenue rare de nos jours et d’une maitrise instrumentale forçant le respect, les six membres, portés par une malicieuse inspiration distillent une musique indéfinissable et fort jouissive émotionnellement. Sur fond d’une armature résolument Metal, les compositions copinent avec des sonorités tantôt arabisantes ("Gunpowder Chant"), tantôt mexicaines ("Poetic Pitbull Revolutions") ou encore foncièrement jazzy ("Balrog Boogie"). Se côtoient dans la plus parfaite des harmonies : violon, violoncelle, flute, trompette et tout le décorum électrique. Un joli foutoir sonore en somme mais organisé de main de maitre et ne sombrant jamais dans l’indigeste. Les protagonistes suintent le talent, l’agencement de séquence ne souffre d’aucune incohérence et le résultat final tutoie le sublime. Quant à la chanteuse lyrique, véritable animatrice de cet opéra extravaguant, de son timbre sûr et délicieux, elle parachève l’œuvre par des interventions qui feraient rougir de jalousie la plus grande des cantatrices.
Innovant, théâtral et original à souhait, cette curiosité s’avère être un chef d’œuvre intemporel rythmé par un swing étourdissant et endiablé. Quelque part entre Nightwish, Apocalyptica, Therion et l’audace du Metal progressif, la musique avant gardiste de ces géniaux Suédois remplissent toutes les conditions nécessaires à la satisfaction de l’auditeur le plus exigeant. Grandiose et singulier !
Tracklisting :
Act # 1
01. Balrog Boogie 
02. Heroines
03. Poetic Pitbull Revolutions
04. Rag Doll Physics
05. D'Angelo
06. Velvet Embracer
Act# 2
07. Gunpowder Chant
08. Infralove
09. Wedding March For A Bullet
10. Qualms Of Conscience
11. Zodiac Virtues
12. Porcelain Judas
13. Pink Noise Waltz
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