Chronique]

BlutEngel Labyrinth Out Of Line

BlutEngel

Labyrinth

.:: 2007 :: Out Of Line ::.

>> Style >> Darky-Pop



Ce qui est fabuleux avec Blutengel, c’est que certains d’entre vous viennent de rire rien qu’en voyant leur nom. Parce que, franchement, parmi les gens raisonnables (ah oui ?) et mélomanes aguerris que nous sommes, qui prend encore Blutengel au sérieux ? Qui peut bien trouver encore crédibles les prestations scéniques carton-pâte et grand-guignolesques-qui-se-veulent-achement-impressionnantes-et-théâtrales, la musique de plus en plus simpliste et téléphonée après des débuts plutôt corrects (sous le nom de Seelenkrank, puis le premier album de BlutEngel "Child Of Glass"), l’attitude de poseur pour Darkbarbies de Chris Pohl…la teneur mercantile et complètement dénuée d’art et d’inventivité d’une musique qui exploite jusqu’à la moelle un filon vampirique éculé qui ne cherche pas la moindre réinvention ? S’il nous arrive d’écouter encore Blutengel, c’est pour rire ou dans le cadre d’une soirée thématique « somptueuses merdes labellisées Obsküre 10% » - il ne faut pas mâcher ses mots avec ce qui parodie involontairement une scène Dark alors voilée par les frasques grotesques et anti-artistiques d’une entité qui a vendu son âme au fric.

"Seelenschmerz" fut le dernier sursaut avant la descente. Si l’album manquait franchement d’intérêt à long terme et suintait un kitsch difficilement digérable, il n’en était pas pour autant catastrophique et certains titres comme "Soul Of Ice" ou "Children Of The Night" trouvent encore légitimement leur place dans les soirées Electro-Goth. Revenons brièvement sur l’autodestruction que fut l’enchaînement d’"Angel Dust" et "Demon Kiss" : à partir de ce moment là, peu de corbeaux ont eu envie de goûter encore à ces immondes tubes synth-dark-boum-boum décomposables dès la première écoute, aux mélodies horripilantes de mièvrerie (certains sont peut-être devenus diabétiques après l’écoute de "Black Roses" ?) et à la profondeur thématique franchement nulle (à moins de l’inventer, ce qu’ont fait beaucoup de gens qui, séduits par le visuel, ont tenus à tout prix à continuer d’adhérer par principe).
Depuis, Blutengel incarne le nec-moins-ultra de la Darkwave et ne manque pas une occasion de se faire descendre tant il dégouline de mauvais goût et semble être allergique à la notion de recherche artistique.

Et maintenant, voici "Labyrinth". Chris Pohl, après avoir quelque temps massacré son Terminal Choice avec un "New Born Enemies" vomitif et vénal, revient chez Blutengel. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’est pas encore décidé à régler son compte à ce projet désuet et surfait. "Labyrinth" est meilleur qu’"Angel Dust", "Demon Kiss" et "The Oxidising Angel", comme si le « potentiel daube » de Chris avait été bien trop suscité ces dernières années pour y aller plein pot sur le nouvel album de ce projet-ci. Attention, cela dit, tout est relatif et on peut se douter que ceux qui ont décroché n’y reviendront pas, on est loin de la froideur et de la qualité de construction de "Child Of Glass" et Blutengel reste prisonnier de son propre carcan synthie-dark. Pourtant les mélodies semblent moins insipides qu’avant. Ça dégouline un peu moins. Les Barbies engagées en qualité de potiches poussent toujours chansonnette, les rythmiques et les sons restent assez affligeants de prévisibilité. Pourtant, il ressort de l’ensemble de "Labyrinth" une construction plus intéressante, des aménagements davantage propres à l’exploration des titres, et surtout un peu moins de lait concentré sucré en ce qui concerne les claviers. Chris Pohl a contracté un grave virus qui l’empêche depuis quelque temps de faire preuve de bon goût en phase d’écriture, mais son nouvel album donne l’impression que la fièvre commence (un tout petit peu) à tomber. Si "Lucifer" fera gerber la majorité des auditeurs, "Singing Dead Men" et son refrain typé médiéval plutôt sympathique, la gravité un peu plus sincère d’"I Remember" ou les exhalaisons horrifiques de "Dreamland" et "When The Rain Is Falling", s’avèrent moins rebutantes que ce qu’on aurait pu imaginer. Blutengel travaille avec plus grand soin et manifestement plus de passion les contours de sa Dark-Pop toujours très kitsch, mais moins putassière.

On ignore vers où on va, et on doit bien avouer que dans l’ensemble, on s’en contrefiche toujours ; on n’a pas besoin de Blutengel pour savoir que la scène Darkwave est capable de faire de très belles choses. Mais après tout, 'faut bien rire un peu.

Tracklisting :
01. Into the labyrinth
02. Singing dead men
03. A new dawn
04. Beauty and delight
05. Dreamland
06. Gloomy shadows
07. Shame
08. Body move
09. When the rain is falling
10. I remember (everything)
11. Lucifer
12. Sunrise
13. Behind your mask
14. Engelsblut
15. Escape (outro)


Rosariüs

Connectez-vousconnectez-vous

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire

Inscription | Passe oublié | Pourquoi s'abonner

rechercher

sur le moteur interne :

Imprimer

interagissez !

Envoyer cette chronique à un ami

Visitez le site Web du groupe

La page My Space du groupe

obsküre vous propose également


Obsküre Opus I

Obsküre OpusI Toutes les informations sur le livre Obsküre.
Sommaire, extraits et bon de commande

boutique obsküre

Les goodies Obsküre

Boutique ObsküreAccédez à la boutique

soutenez Obskure.com

Toutes les informations ici