Chronique]
Unleashed
*Chronique d'été*
Un jour, sait-on comment ça se produit, un type (ou plusieurs) inventent un truc genre stick. Stick "déodorant".
Un machin luisant, profilé, blanc souvent et qui se passe avec précaution sous l’aisselle histoire d’éviter le Grand Cloug. Un machin qui soigne grave les apparences. Avec ça, le PIED : vous passez n’importe où, sans vous faire remarquer. Les gens vous trouvent siiiii charmant, siiiii facile d’approche, siiiii agréable à scotcher, à toucher, à renifler, à lécher aussi quand ça les prend. Ce qui n’est pas de refus dans certains cas.
Et voilà. Le Monde est à vous.
C’est ça, le déo.
Et puis, il y a les réfractaires. Les impolis, ceux qui indisposent.
Unleashed, ouais. C’est bien d’eux dont il s’agit aujourd’hui. Unleashed, c’est pas une histoire de sent-bon, et le monde ne leur est pas acquis d’avance.
Unleashed, c’est du pâté, genre gros, avec des bouts.
Et d’ailleurs, quitte à y adjuver de la matière première, on PARIE que c’est de l’huile de vidange. Paraît que ça circule bien, l’huile de vidange, ces temps ci. Ça donnerait un p’tit goût de lavande, et il paraît - mais on dit bien "il paraît" - que ce n’est pas si mal vu que ça dans le domaine du contrôle sanitaire, ces dernières semaines. Nous sommes début juillet 2008. En tout cas, ça doit l’être parce que tout le monde s’en fout, dans les journaux (sauf un, tiens, marrant).
"Hammer Battalion", c’est un peu un grand trafic d’huile de vidange. Un fond de couloir crasseux. Un tag graisseux, une aimable odeur de toilettes de station essence qui ne vous quitte plus, qui imprègne le pantalon à pinces, qui suit le slip. C’est ça, le Viking Death : ça part au front, ça gratte sous les plis toute la couche de crasse que ça peut et ça te la ramène en sacs, genre "démerde toi avec les déchets de la collectivité".
Il faudrait leur dire à Unleashed, quand même, MERDE. Il faut des accords pour ça, ça passe par des marchés publics souvent. Le déchet, ça se GERE, c’est une problématique de santé publique.
Et eux, quoi ? Non, ils s’en foutent. Ils s’en tapent, des procédures. Ils ramassent le bordel et ils sculptent.
Ils sculptent le son. Projet structurant, but : abrasion sonore. Et que ça branche les amplis, et que ça dégomme tout ce que ça peut, et que ça compte sur le pauvre type niché derrière la table de mix pour empaqueter l’affaire. Put**n, lui, il a un boulot, c’est grave ingrat.
Ah, la bonne affaire, qu’il se tape : du gras, encore du gras, toujours du gras. Les voix de Johnny Hedlund apeureraient n’importe quel cochon sensé, les guitares grumeleuses de Tomas Masgard et Fredrik Folkare pourriraient n’importe quel calibrage de semoule ("This Day belongs to me"), et tout ça pour quoi ? Hein ? Pour QUOI ? Une immense tarte aux poils (de clebs), un jambon mayo passé de date, un flot de bière de fond de cuve.
Et ça sent, le fond de cuve, je vous le dis.
Soli à foison, batterie sévère, allez, il y a tout. Tout ce qu’il faut pour que vous vous repaissiez de tout le menu. La même rengaine depuis vingt ans aussi, certes, et rien de bien neuf sous le soleil. Du Death quoi, violent, barbare, façon manufacture assurée. Le mauvais côté de la Suède, en quelque sorte. Les mauvais garçons. Une posture ? Peut-être, mais il faut y croire un minimum pour que ça marche, et derrière leurs tignasses à faire frémir toute serpillière, il doit bien y avoir un peu de mauvais.
Leur musique, c’est un "mode de vie", disent-ils.
Roots, hein. Et à bien y réfléchir, on se demande si on irait, comme ça, tranquille prendre la douche chez eux.
Quant à la bouffe…
Tracklisting :
1. The greatest of all Lies
2. Long before Winter's Call
3. Your Children will burn
4. Hammer Battalion
5. This Day belongs to me
6. Marching off to War
7. Entering the Hall of the Slain
8. Black Horizon
9. Carved in Stone
10. Warriors of Midgard
11. Midsummer Solstice
12. Home of the Brave
13. I want you dead
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