Chronique]
Morgul
Sketch of Supposed Murderer
.:: 2001 :: Century Media ::.
Le black mène à tout.
Pour preuve, cet incroyable "Sketch of supposed murderer". D'un passé black assez classique, Jack D Ripper s'éloigne des ses anciennes obédiences pour proposer un album novateur, à la croisée du metal indus, de l'electro, du heavy, du doom et du black. Une charnière entre les différents styles.
Mais plus que la reconnaissance à ses racines éclectiques, Morgul crée une atmosphère unique tout au long de ce disque, dévoilant un univers décadent et alambiqué, de noirceur et de luxure. Une ambiance oppressante qui vous terrasse d'un titre à l'autre, et ce dès la première seconde du fabuleux "Violent Perfect Illusions" avec sa rythmique heavy, ses coeurs hystériques, ses vocaux blacks et ses cordes percutantes, suivie par un "The dog and the master" hypnotique, un "Machine" ultra-lourd de guitares, un "Dead for a while", seule réminiscence pur black de cet album.
Les neuf titres vous envoient un message unique, dictée par la folie palpable du compositeur et invitent à l'orgie finale.
Mais il faudra être attentif pour percevoir cet album à la production énorme : difficile de tout integrer dès la première écoute, tant les idées régorgent et vous sont projettées à la face sans crier gare, tel ce final de violon que l'on croirait enregistré au détour de divagations éthyliques dans un pub quelconque.
Maîtrise et inventivité. Grandeur et décadence. Incontournable.
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