Chronique]
Rising Shadows
On en parle bien peu, de la scène Heavenly. C’est un genre discret, prolifique, mais sévèrement underground malgré sa fréquente accessibilité. Pas difficile de comprendre pourquoi : les amateurs d’univers de fantasy souvent proposés par des groupes comme Narsilion et Trobar De Mort trouvent plutôt leur bonheur dans le Metal Symphonique, et s’aventurent bien peu hors de ces terres. Alors à qui se destine l’ethereal, cette immense vague peu visible, héritière des plus délicats poulains de l’écurie 4AD ? Ceux qui creusent le monde de la musique, qui ont envie de douceurs synthétiques, d’une invitation au rêve, d’une vulgarisation classique…
Quelque part entre Dead Can Dance, Persephone, This Mortal Coil et Stoa, les Rising Shadows proposent un second album plutôt habité, sensiblement orchestré, et qui ne devrait pas déplaire aux adeptes d’échappées néoclassiques synthétiques. A l’instar de Love Is Colder Than Death, la troupe assume parfaitement la sonorité inévitablement électronique de ses claviers, et n’hésite pas à faire appel au référent Darkwave ("The Carriage"). Nappes d’orgues ("Vacui", "Farewell"), chants éthérés, orchestrations pour cordes analogiques, Rising Shadows met à sa disposition tous les éléments archétypaux du style Heavenly pour développer un monde nocturne et froid, plein d’une rêverie souvent nonchalante, ponctuellement plus épique, en tout cas débarrassée des oripeaux les plus courants du genre, qu’ils soient religieux ou appels à la Fantasy.
Comme souvent dans le style, l’album offre un bon moment mais n’apporte ni la transcendance, ni la révélation. Found In The Cold est une pièce de qualité, au-delà de la démonstration scolaire – en témoignent des arrangements fourmillants et bien mis, clavecins et boîte à musique –, et constitue une invitation au voyage fort tentante au beau milieu d’une flopée de projets ambient/heavenly fréquemment ineptes. Il manque simplement une sorte de vérité, une urgence, une personnalité qui se distingue et qui se dresse comme une évidence dès les premiers instants ; bref, ce à quoi on a eu droit avec le dernier album de Persephone, ou encore celui d’Arcana. Néanmoins, il s’agit d’une belle sortie dans le genre, soignée, pleine d’élégance, et les amateurs sont invités à s’y intéresser.
Tracklisting :
01.Vacui
02.Catharsis
03.The Leaving
04.Found In The Cold
05.Imagine The Place Of Nothingness
06.Like Fire
07.Fate Of Us All
08.Through The Lingering Past
09.The Carriage
10.Farewell
11.Nothing Left But The Memories
12.Return To The Winter Garden
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