Chronique]
Position Parallèle
La nostalgie a parfois du bon. Avec Position Parallèle, on a non seulement l’impression de se retrouver en plein dans les années 80, mais en plus, dans ce qu’elles ont eu de plus noir, viscéralement froid et minimaliste. En ressuscitant un genre extrême qui n’a jamais franchement eu la hype, même à l’époque, la faute à une trop grande dépression, une trop grande sécheresse stylistique, une dureté sarcastique, Geoffroy de Dernière Volonté (projet Français plus qu’apprécié, à juste titre) et Pierre de Communication Zero – entre autres – mettent à notre disposition un objet assez insolite qui se déguste de bout en bout avec un plaisir anachronique.
Album bref et concis, à l’instar des œuvres de Moderne ou Mathématiques Modernes – pour ne citer que des éléments de la scène Française –, Position Parallèle ne s’encombre de rien, et fait plus que piocher dans les attitudes et gimmicks d’écriture eighties pour bricoler des petits tubes minimalistes et électroniques : Position Parallèle vit encore dans les années 80, à une époque ou Pop et Underground étaient des termes compatibles, qui se conjuguaient au temps froid et austère d’un automne gris. Beats synthétiques, riffs électroniques cheap, chant reconnaissable entre mille de Geoffroy – qui est décidément le digne héritier des « Jeunes Gens Mödernes » –, "Je Reviendrai", "Gorge Arachnée", "Hôtel du Nord" sont toutes des petites perles de Minimal Wave que les amateurs devraient bien vite connaître par cœur. Il y a, dans ce disque de Position Parallèle, une passion intègre pour la musique électronique des années 80, et un désir réalisé de renouer avec la froideur processionnaire et mystique de la dépression Cold Wave - la comparaison avec le contemporain Sindrome, Français lui aussi, s'impose. L’hommage n’est pas bloqué dans les frontières hexagonales. On retrouve certes quelque chose d’Indochine et d’Etienne Daho, comme toujours avec Geoffroy – dont on salue la vraie passion, l’oreille hermétique aux préjugés sur ces deux projets trop bafoués car trop médiatisés –, mais on pense évidemment aussi à Snowy Red, Ceramic Hello et Rational Youth, peut-être même aussi à Palais Schaumburg : une pop froide et dansante, urgente et polaire, d’une efficacité parfaite. Une pop qui n’a de raison d’être que dans la dystopie industrielle et la douleur des temps froids.
Un hommage comme on en voudrait plus souvent.
Tracklisting :
1. Hôtel Du Nord
2. Tes Lèvres... / Passe Les Portes
3. Gorge "Arachnée"
4. Je Reviendrai
5. Emission
6. Fortune
7. Si Calme
8. Une Erreur
connectez-vous



