Chronique]
Be’lakor
Au sacro-saint Royaume du Melodic Death Metal, il en faut un peu plus que la moyenne pour intéresser depuis que des groupes comme Dark Tranquillity ou In Flames (autant prendre les plus gros, non ?) semblent avoir délivré leurs meilleurs albums.
Et voici venir Be’lakor, de Melbourne : cinq types qui ont déjà à leur actif un premier album, "The Frail Tide" (2007) et qui, en 2009, nous reviennent dans des conditions contractuelles sensiblement stabilisées (un partenariat avec Prime Cuts pour le territoire natal, et démerde toi pour le reste du monde).
Et là, difficile de piger ce qui fait que ces Australiens restent dans des conditions d’exercice aussi précaires de leurs compétences, tant le contenu de leur nouveau-né, "Stone’s Reach", sidère.
Cette série de chansons regorge de tout ce qui fait qu’on aime quelque chose comme le Melodic Death Metal : technicité sans faille, mélodies à se taper la tête contre les murs ("From Scythe to Sceptre", exemple assez fort des tendances progressives de Be’lakor), sens de la progressivité en musique, soin apporté au visuel, grand écart possible (la césure en clair de "Husks") et excroissances climatiques. Tout ne se fixe pas, en effet, dans la recherche d’agressivité chez Be’lakor, ni la dynamique. "Stone’s Reach" fixe, outre un noir et très incisif groove (paré de remarquables guitares leads modern heavy, cf. "Sun’s Delusion"), des ruptures de rythme saisissantes, des texturations de claviers fines et parfaitement intégrées au mix, ou visant des reliefs plus frontaux (l’introduction quasi-cyber de "Outlive the Hand").
Il en résulte un propos agressif, organique et moderne, quelque chose qui sans bouleverser la donne du Melodic Death metal, propose dans ses canons un essai bigrement enthousiasmant. Ces chansons sont habitées, et le travail de guitares qui s’y fait jour (la paire George Kosmas / Shaun Sykes) donne dans un affûtage peu commun.
Très bellement illustré et produit avec goût, cet ensemble de noires compositions s’enchevêtre à une certaine conscience de genre. Et s’il bénéficie clairement d’une esthétique sonore et visuelle, il transpire enfin et surtout d’une vraie cohérence de groupe. Rien à jeter, que dalle. Impossible de décoller l’oreille. Ces compositions ne font pas qu’épater, non : elles touchent au cœur, ce qui n’est pas le cas de tous les disques voulant approcher, de près ou de loin, pareille sophistication dans la forme.
Un grand groupe est né, il semble bien.
Tracklisting :
01. Venator
02. From Scythe to Sceptre
03. Outlive the Hand
04. Sun's Delusion
05. Held in Hollows
06. Husks
07. Aspect
08. Countless Skies
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