Chronique]

Echo And The Bunnymen The Fountain Ocean rain Records / Warner

Echo And The Bunnymen

The Fountain

.:: 2009 :: Ocean rain Records / Warner ::.

>> Style >> rock racé



Trois types d’album chez Echo comme trois périodes. Un album unique, post-punk en diable avec des relents de Joy Division, une période d’or où le groupe invente une pop romantique, fragile et précise : succès mérité qui se traduit par le coup de foudre de filles et garçons pour Ian McCulloch.
Enfin, sur le tard, quelques albums qui sortent du lot par leur honnêteté, ne livrant plus qu’un rock héroïque et bien fait (« Think I Need It Too ») dans lequel harmonie et rythmes s’accordent avec grâce et facilité (« Do You Know Who I Am ? », ritournelle efficace mais bien courte). La voix plane encore, parée de ses plus beaux atours : medium chaud, capacités à descendre et à monter sur des cordes saccadées : « Drivetime » est un tube imparable, sensuel et kitsch juste ce qu’il faut (ah, ces violons !).
La classe des Bunnymen se présente aussi sous la forme de riffs parfaits : « Life Of A Thousand Crimes » convoque à la fois le glam avec lequel ces musiciens ont grandi et l’âpreté rêche d’un son de guitare très années 80.
En ce sens, on peut rapprocher « The Fountain » du dernier disque de The Mission, « God Is A Bullet » : tous deux sont les albums de vétérans qui ont su à un moment inventer un son et un esprit singuliers dans la grande famille des corbeaux. Tous deux sont des albums intemporels, qui refusent de jouer le jeu de la modernité en studio. Tous deux sont des albums sages, introspectifs, méditatifs (« Forgotten Fields »). La nostalgie point évidemment son nez avec honnêteté (Everlasting Neverendless ») et quand la bande des lapins joue de la pop, c’est fait avec un humour corrosif. Il suffit d’entendre le refrain et les chœurs de midinettes de « Proxy » pour comprendre que la bande a changé son fusil d’épaule. On peut aussi ne lire qu’une bluette dans ces paroles, mais ce serait faire fi du second degré de Ian. Assez de la course au succès et ses errances, le groupe se recentre sur ce qu’ils savent faire. Des chansons classiques. Robert Smith devrait en prendre de la graine.
Dépouillé, tout comme les frères Reid de The Jesus And Mary Chain avaient appris à le faire, « The Idolness Of Gods » clôt ce disque avec simplicité et pudeur.
Ceux qui ont aimé le déjà ancien « Evergreen » peuvent foncer les yeux fermés. Les plus jeunes des lecteurs peuvent quant à eux se précipiter sur un disque de vieux, sans aucune prétention.

Tracklisting :
1. Think I Need It Too
2. Forgotten Fields
3. Do You Know Who I Am ?
4. Shroud Of Turin
5. Life of A Thousand Crimes
6. The Fountain
7. Everlasting Neverendless
8. Proxy
9. Drivetime
10. The Idolness Of Gods


Sylvaïn

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