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Album
27/02/2026

And Also The Trees

The Devil's Door

Label : AATT Records
Genre : romance / art rock
Date de sortie : 2026/02/27
Note : 86%
Posté par : Mäx Lachaud

Ce qui vous confond avec And Also The Trees, c'est de réaliser à quel point les frères Jones ont réussi à maîtriser un style ultra personnel, tout en suivant des cycles et en faisant évoluer leur petit monde poétique. The Devil's Door fait clairement suite à The Bone Carver (2022) et Mother-of-pearl Moon (2024) de par ses ambiances, volontiers rêveuses et cinématographiques, et de par son line-up et les couleurs apportées par le clarinettiste et multi-instrumentiste Colin Ozanne et Grant Gordon à la basse. Mélodiquement impeccable, avec des guitares toujours aussi accrocheuses et la voix de Simon Huw Jones qui croone comme jamais ("The Crosshair"), ce seizième album ressemble à un sans faute dès la première écoute.

L'ambiance générale est toujours très mélancolique, avec des rythmiques légèrement jazzy et des touches néoclassiques ou folk. "The Silver Key" est une superbe introduction, car il condense un peu tout ce que l'on va trouver au long de ce voyage, et les fans en feront vite un classique du groupe. "The Crosshair" développe des ambiances de film noir, pas éloignées de certains titres de Nick Cave & The Bad Seeds, et finit en envolées psychédéliques. Les deux instrumentaux, "Rooftop" et "Beginning of the End", sont riches et planants à souhait, avec même un feeling très 60s/70s à la Morricone pour le second. "Return of the Reapers", dans un registre country/folk très émouvant, est juste un des sommets du disque alors que "The Child in You" porte la pure pulsation AATT qu'ils développent depuis "Shantell", leur premier single.

Le style est incroyablement mature et touche parfois au sublime. "The Trickster", avec ses orgue et accordéon, peut évoquer une ambiance de rue un peu surannée, alors que sur "I lit a Light", les guitares de Justin nous entraînent dans des spirales oniriques. Les narrations de Simon rappellent les vieilles ballades anglaises sur "The Rifleman's Wedding" où Catherine Graindorge apporte de nouvelles couleurs au violon. Le final est carrément magistral, histoires de sirènes et de noyades, les guitares, démultipliées, se déversent sur nous comme des vagues. "As I dive" pourrait même faire penser à "Mermen of the Lea", qu'on trouvait sur l'album Green is the Sea, alors que la mélancolie de "Shared Fate", embellie par des notes de piano, nous amène toujours plus loin. Un très grand cru.

Tracklist
  • 01. The Silver Key
  • 02. The Crosshair
  • 03. Rooftop
  • 04. The Child in you
  • 05. Return of the Reapers
  • 06. The Trickster
  • 07. I lit a Light
  • 08. The Rifleman's Wedding
  • 09. As I dive
  • 10. Beginning of the End
  • 11. Shared Fate