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Ténèbres, puits sans fond. Obsküre plonge, fouine, investigue, gratte et remonte tout ce qu’il peut à la surface

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Interview
20/03/2026

Jarboe

"Certaines choses relèvent des accidents heureux et devaient être laissées telles quelles, c’est cela qui les rend vivantes"

Genre : experimental / ambient / field recordings / dreamy sound
Posté par : Mäx Lachaud

Ce 27 février, nous avons pu nous entretenir avec la musicienne américaine Jarboe autour de son prochain album Sightings à paraître le 3 avril 2026 chez Consouling Sounds. La créatrice et ex-Swans est connue pour son goût prononcé, depuis plus de quarante ans, pour les expérimentations sonores et les ambiances rêveuses, inquiétantes et immersives. Elle s’adjoint ici les services de divers musiciens pour créer des climats riches où les instruments conversent avec les prises de son directes. Le résultat est d’une grande beauté et nous donne une irrépressible envie d’assister à sa tournée européenne, en compagnie de Thor Harris et Joy Von Spain, qui commencera le 4 mai (aucune date en France de prévue pour le moment).

Obsküre : Peux-tu expliquer l'idée derrière l'album et l'inspiration que tu as reçue de cet oiseau, le Vireo, qui est aussi peint sur la couverture ?
Jarboe : C'est un oiseau intéressant qui s'est manifesté l’été dernier. Je ne pouvais pas le décerner à cause des fleurs blanches et des feuilles. J'ai commencé à sortir en espérant pouvoir le voir. Un jour, il est apparu sur une branche et j'ai pu le voir. Puis il s'est rapproché de moi chaque jour jusqu'à ce qu'il soit juste en face de moi. Je l'ai vu chaque jour et il m'a attiré. Chaque concert qu'il a fait a duré environ 45 minutes. Je ne suis jamais partie. Je suis restée tout le temps et j'ai décidé d'enregistrer le concert. J'ai pensé que je devais l'utiliser. C'était assez long. Ça aurait pu être toute la longueur de ce projet, mais je l'ai enregistré et c'est toujours assez long, mais il n'est pas aussi long que lui l'a fait. C'était comme une histoire d'amour avec la nature. Je pense aussi que tout ce projet est né de l’envie de travailler avec de bons amis, et aussi avec le monde naturel. "The holy Waters" parle de la communauté des amis spirituellement impliqués, et "Vireo Serenade" est la pièce sur le monde naturel, ainsi que sur "Choir and Night Fox". C'est comme un chant d'amour qu'ils font la nuit, donc j'ai enregistré le renard un soir. C'est plutôt inquiétant, alors que "Vireo Serenade" dégage quelque chose d’élevé et de tranquille. Il y a deux aspects différents du monde naturel. Et j'ai eu l'idée de refaire une pièce plus ancienne, "Of ancient Memory". C’était un titre de Thirteen Masks, mon premier album solo. Je l'ai complètement refait dans une version sombre, plus en mode spoken word, et un ton parfois même dissonant. C'était intentionnel d'en finir avec une pièce qui provoque des pensées, inspirée par les événements du monde, la guerre, la douleur et la souffrance. Je voulais terminer de cette façon.

La nature et l’environnement semblent toujours avoir été influents, même à l’époque où tu étais dans des grandes villes comme New York ou La Nouvelle-Orléans. Quel est l’impact de ton environnement à chaque fois que tu travailles sur des nouvelles musiques ?
Oui, c'est toujours l'atmosphère de l'environnement, et juste prendre conscience des signes autour de moi. Bien sûr, ces choses m’influencent.

Tu vis toujours en Géorgie ?
Oui. Je vis à Roswell, au nord d’Atlanta. C'est bien plus rural. C'est là que j'ai enregistré le Vireo et le renard, juste en passant la porte.

La Géorgie, c’est un Etat que tu as quitté, puis tu y es retournée régulièrement…
Oui, depuis que j'ai cinq ans.

Même certains des collaborateurs ont fait des prises de son directes. Quelle est la place de ces field recordings quand tu composes ?
Ça a pris la place centrale, puis tu travailles autour de ce point focal pour améliorer les sons de l'environnement naturel, pas pour les submerger.

Comment commences-tu en général ? C'est une mélodie de voix, un synthé, un son, une idée ?
Ça dépend mais je dirais qu'il y a beaucoup de choses qui ont commencé avec les prises directes ici. J'ai fait un autre album pour Consouling Sounds qui s'appelle Illusory. Chaque morceau a commencé avec des prises de son faites à travers l'Europe. On y entend des enregistrements réalisés par les gens que j'ai invités, qui se réunissent, rigolent, partagent de la nourriture, marchent dans les bois. J'ai voulu ça et c'est la façon dont j'aime travailler aujourd’hui. Partir de ces field recordings et ajouter de l'atmosphère et de la voix. C’est ma démarche actuelle.

À la première écoute, j’ai pensé au travail que tu as fait avec Father Murphy. Comment as-tu choisi tes collaborateurs pour cet album ?
J'ai voulu qu'ils soient complètement libres. Et je dirais qu’ils ont contribué à cette space music. J'avais complètement confiance en eux. Ils sont tellement talentueux et merveilleux. Le travail a vraiment commencé avec les respirations de Federico (Father Murphy) qui ont ensuite été trafiquées. On peut entendre la moiteur dans ses respirations. C'est comme ça que c’est parti. J’ai juste ajouté des esquisses basiques aux claviers pour qu'ils se mêlent à cet environnement. C'est comme ça que ça s'est fait.

Tu as aussi utilisé des cordes sur cet album. Cela m’a renvoyé au disque que tu avais fait avec Helen Money, que j’aime beaucoup.
C'est Andréa Calderon, une très bonne amie de Thor. J'étais très contente de ce qu'elle a fait, particulièrement sur "Francesca Sun", qui est une chanson qui ressemble à une berceuse adressée par une petite fille à une autre. Elle est décédée à présent et c'est comme une façon d’honorer sa mémoire. Elle était peintre, et elle peindra pour l'éternité, c’est l’idée de ce morceau. Les cordes sont très importantes pour cette pièce.

Tu es revenue à 13 Masks avec ce morceau que tu as repris. Le nombre d’albums que tu as sortis est très important (plus d’une cinquantaine), et ton œuvre est un peu comme un labyrinthe. Est-ce que parfois tu ressens le besoin de revenir sur des idées du passé, et faire écho avec ce que tu es aujourd’hui ?
Oui, c'est absolument vrai. Je l'ai fait avec "Man of Hate" sur Illusory. "Man of Hate" a toujours été comme une pièce de théâtre élisabéthaine, comme si c’était joué devant la Cour royale. Donc, sur Illusory, j’y suis vraiment allée à fond. J'ai même eu le son de la guillotine à la fin, qui coupe les voix angéliques qui, dans la pièce, chantent l'amour, l'amour, l'amour, le vrai amour… Et ensuite, vous entendez mon vrai moi sortir sur scène et chanter un refrain devant le public qui applaudit. Donc, j'ai poussé ça aussi loin que j’ai pu, avec une approche théâtrale. L'idée, maintenant, est que chaque projet, qu'il soit avec un label ou qu'il soit juste fait numériquement, va toujours finir avec la réinterprétation de quelque chose du passé.

Quant au choix des instruments, il y a des cordes, des cuivres, des drones. Et vraiment, parfois, c'est difficile de distinguer si c'est ta voix ou si c'est un instrument. Est-ce que tu les as choisis parce que justement ils ressemblent à des voix ?
C'est absolument vrai. Et beaucoup des instruments que tu as mentionnés sont joués par Thor. Il est un multi-instrumentiste. Il peut jouer de tout, pas seulement des sons de percussion, mais tous les types d'instruments. Donc, c'était la joie de l'amener au projet. Je veux dire, regarde la liste des instruments qu’il joue, c'est incroyable. Le marimba, la clarinette, la trompette, c'est fou tous les instruments qu'il a ajoutés… Et bien sûr, Brett Robinson joue de la guitare électrique, et c’est re-traité. Donc oui, c'est vrai qu'il y a des fois où c’est flou si c’est la voix, un violon ou un synthétiseur.

Et j'ai aussi envie de te demander sur l'entraînement de ta voix, car en effet, ça n'a pas vraiment changé depuis tes débuts. On peut écouter un album qui a été enregistré il y a 30 ans, et c'est toujours la même. Comment tu fais pour la garder intacte ?
Ce que je fais, c'est ce que j'ai toujours fait. C'est mental. C'est dans le cerveau. C'est une attitude. Ça peut paraître un peu prétentieux quand on le lit par écrit. Donc c'est un peu difficile à expliquer. Mais c'est comme visualiser un personnage, un monde. Tu visualises un monde et ensuite tu englobes ce monde. Donc ce n'est jamais toi. Je ne pense pas avoir été jamais moi-même. J'ai certainement fait des chansons où la voix n’était pas retraitée. Comme "Man of Hate" où il n’y a rien. Sur la dernière narration, il n'y a pas de réverb, rien. Donc tu peux dire que c'est moi, mais c'est toujours dans mon esprit. Je visualise un théâtre et la performance devant la cour. Donc je pense que l'enjeu serait, plutôt que de faire de l'entraînement technique, de tenir une attitude, de se projeter et d’englober ce lieu dans tes pensées.

Est-ce que c’est comme être une actrice ou est-ce quelque chose de très différent ?
Les gens m'ont toujours demandé, et c'est pourquoi je dis que c'est difficile à expliquer – parce que lorsque tu joues un personnage, tu l’incarnes puis tu le laisses partir. Si on prend "Cry me a River", par exemple, j'étais au courant de la version de Julie London mais je voulais vraiment habiter ce sentiment de détresse. C’est comme embrasser totalement et physiquement ce que vit la personne. C'est toujours comme ça que j'ai travaillé. Pour certains des enregistrements que j’ai faits avec Michael (NDLR : Gira, Swans), j'ai utilisé ce que j'appelle la langue vernaculaire du Sud, comme sur la reprise de "Black Eyed Dog", "Mother Father" ou "When She Breathes", qui est un très bon exemple. Si tu remarques, il y a beaucoup de diminution des consonantes et une approche différente à dire les mots que l'on dirait dans les États-Unis du sud. Donc je peux tourner ça à l'envers et devenir cette personne. Alors que les autres sont toujours eux-mêmes. Ils ne s'emballent pas dans une chanson. Pour moi, la chanson a son propre monde et je l’incarne. Est-ce que ça répond à la question ?

Oh, complètement. En termes d'atmosphère, c'est aussi un album très mélancolique, très beau, très ambiant d'une certaine manière. C'est très onirique aussi, et j'ai pensé à cette chanson ancienne que tu avais faite avec World Of Skin qui s'appelle "Dream Dream". J'ai vraiment ce sentiment à l’écoute d'une irréalité, nous sommes dans un autre monde. Est-ce que les rêves influencent parfois ton écriture et est-ce qu’ils ont eu un impact sur l’atmosphère de cet album ?
L'exemple ultime de ça serait un projet qui s'appelle Dreams. C'est un album où j’ai suivi une discipline et j'ai gardé un bloc-notes à côté du lit. Je m'entraînais à me réveiller et j'écrivais autant que je pouvais tout ce que je voyais et je rêvais. Et plus je pratiquais le matin, mieux j'y arrivais. Cela a demandé beaucoup de concentration et c'était assez douloureux. Il y a un morceau où je visualisais la mort de beaucoup de personnes qui étaient proches de moi et des membres de ma famille ainsi que des personnes célèbres comme John Lennon ou Kurt Cobain. J'ai écrit sur tout ça et j'ai écrit sur l'idée qu'il y avait un pouvoir qui allait ramener tout le monde à la vie et à leur jeunesse. C'était un album très puissant qui était seulement basé sur le résultat des rêves. Les rêves en ont écrit les paroles. Donc oui, j'ai définitivement fait ça. Par ailleurs, "Dream Dream" a été écrit quand j'étais à l'école. J’en avait fait une démo. Et puis on l'a réenregistrée et on l'a utilisée. Mais c'était une musique et un texte que j’avais faits quand j'étais toute petite.

Tu as toujours été intéressée par la technologie. Je me souviens que tu as été l'une des premières artistes américaines à avoir son propre site web dans les années 1990. Comment travailles-tu les morceaux et les instruments avec l’ordinateur. Est-ce du collage ? Est-ce comme monter un film ? Comment travailles-tu tout ça techniquement ?
C’est un mélange d’analogique et de digital. J'importe les enregistrements faits en direct et puis je les retraite et j’ajoute des sons du clavier, mais ils sont toujours soumis à des effets. C’est un travail de montage assez conséquent. Je veux dire, cet album m'a pris un an d'enregistrements et de montage. Puis en retraitant les sons, on se rend compte que certaines choses relèvent des accidents heureux et elles devaient être laissées telles quelles, car c’est cela qui les rend vivantes. Donc, il y a toujours la valeur et l'appréciation d'une erreur. Ce n'est pas lisse comme de la musique pop commerciale. Je ne fais pas ce genre de choses et je n'ai rien à voir avec ça. Je n’ai rien contre mais ça ne me concerne pas. Pour moi cette combinaison analogique-digital c’est la seule façon de faire, quand on ajoute l'analogique, quand on ajoute les gens qui enregistrent avec un micro, ou moi qui enregistre avec le micro.

Es-tu dans le même état d'esprit quand tu joues au piano ou quand tu es sur l’ordinateur ? Est-ce que les deux sont très physiques pour toi ?
Oui, je n'utilise pas de métronomes ou de choses comme ça. Je veux que l’on ressente le flux, même si parfois il y a un peu de retard ou que ce n’est pas calé sur un temps. C'est un processus organique. Parce qu’on travaille sur des sentiments, ce ne sont pas des mathématiques. C'est très important. Et en live, pour cette tournée en mai, je vais travailler avec une vocaliste et pianiste ainsi qu’avec un multi-instrumentiste. Cela va me permettre de me concentrer sur la performance vocale mais aussi sur la liberté et le plaisir d'ajouter des enregistrements. En d’autres termes, je pourrais vraiment incarner le Vireo ou le renard. C'est quelque chose que je vais faire.

Vu que Thor Harris et Phil Puleo ont participé, on peut dire que c’est une peu la famille des Swans qui t’accompagne ici. Une grande famille. Qu’en est-il de l’importance des Swans encore aujourd’hui dans ta vie créative ?
Je dirais que c'était le premier grand pas après que j'aie commencé dans les galeries d'art et en faisant des projets sur k7. Aller à New York et travailler dans cet environnement, et à quel point c'était difficile au début, c'était un terrain d'entraînement. Et ce terrain d'entraînement est devenu absolument valable dans tous les sens du terme. Je suis très reconnaissante parce que je le vois comme une école, comme une éducation. C'est comme ça que je le ressens aujourd’hui. Cette éducation a forcément une influence sur ton attitude car c'était une vie féroce, et très difficile, très extrême. Très, très douloureuse aussi mais avec ses récompenses. Je pense que toute bonne expérience d'entraînement vous fait traverser les flammes. Je pense que j'ai exprimé tout cela sur Anhedoniac, qui a été fait immédiatement quand ça s'est terminé avec Michael, au niveau personnel et au niveau du travail. Je pense que j'ai dit tout ce que j'avais à dire sur cet album. C’est la chose la plus diabolique et la plus extrême que j'aie jamais faite.

Avec Thor et Phil, c'est comme si vous aviez été à la même école.
Oui, et Phil a fait l'art et le design de la ressortie de l’album Blood Women Roses. Il a fait un très bon travail. Il est aussi un artiste visuel. Je lui ai demandé s'il pouvait dessiner le Vireo pour Sightings, et il m'a dit qu'il connaissait l'oiseau très bien. C'est une vraie peinture qu'il a faite. J'ai travaillé avec Thor avant et j'ai fait un festival avec lui à Austin, Texas. Je lui ai demandé s’il était prêt à me joindre sur scène. C'est ainsi que nous avons commencé à travailler ensemble.

Quant à l’aspect intemporel de Sightings, est-ce qu'il y a eu des compositeurs qui t’ont inspiré pour ce travail en particulier ?
J'ai écouté beaucoup de musique. C'est peut-être surprenant, mais j'ai surtout écouté de l'instrumental et du classique. Je vais à beaucoup de concerts qui sont dans cette veine. Je vais voir Itzhak Perlman en mars. J’ai un régime stable de musique instrumentale et classique. C'est juste agréable de l'écouter. C'est mentalement stimulant et la profondeur de la compétence de ces gens, c'est merveilleux d'entendre ça. C'est un peu l'opposé de ce que je fais. Je fais plus des choses de l'esprit, de l'expérience, crues et qui viennent des tripes. Mais la musique classique peut faire de même. J’appelle vraiment cela un "régime". Ce n'est pas évident, mais cela va te nourrir. À des époques, j’ai fait des grosses cures de Janis Joplin, Maria Callas, Marianne Faithfull et je leur suis restée fidèle pendant des années et des années. Maintenant je me concentre sur l'atmosphère et le monde des performances classiques.

Ces dernières années il y a eu pas mal de ressorties d’albums qui sont comme des classiques de ta carrière, Blood Women RosesSacrificial CakeDisburden Disciple, l’album avec Neurosis, quelle a été l’importance de ces albums pour toi ?
C’était une proposition du label The Circle Music d’Athènes en Grèce. Ces albums-là n’étaient jamais sortis sur format vinyle. C’était le début du projet. Puis, quand Consouling Sounds m’a approché pour qu’on fasse quelque chose, c’était quand j’ai décidé que je voulais que le Blood Women Roses sorte car d’une certaine façon c’était mon premier album solo, car je chante toutes les chansons. C’était comme une vitrine ou une exposition de toute une variété de façon de chanter.

Pour les concerts qui arrivent avec Thor Harris et Joy Von Spain, es-ce que ça va être proche de l’atmosphère de Sightings ?
Il va y a voir une pièce de As Mind Dissolves As Song Begins, des morceaux d’A Tulpa, un autre de Dreams. On va ouvrir avec le début de l’album Alchemic, ça va être vraiment cool. Nous avons même prévu des moments d’improvisations sur "Vireo" pour les laisser s’exprimer. Vocalement, ça va être vraiment un défi. Il y a des longues notes tenues, ça va être comme marcher sur un fil, très difficile en termes de concentration parce que ça peut détruire ta voix. On va aussi faire "Wayfaring Stranger in the Bardo", c’est vraiment un de mes morceaux préférés.

JARBOE W/ THOR HARRIS & JOY VON SPAIN
UK/EU TOUR DATES 2026

04/05/2026 (DK) Copenhagen – Rust
05/05/2026 (SWE) Goteborg - Oceanen
07/05/2026 (EE) Tallinn - Hungr
08/05/2026 (LV) Riga - 1983
09/05/2026 (LT) Vilnius - SODAS 2123
10/05/2026 (PL) Warsaw - Niebo
12/05/2026 (PL) Poznan - Blue Note
13/05/2026 (CZ) Prague - MeetFactory
14/05/2026 (DE) Berlin - Venue TBA
15/05/2026 (NL) Tilburg - Hall of Fame
16/05/2026 (BE) Brussels - Obsidian Dust Festival
17/05/2026 (UK) Folkestone - 20th Century Speedway
19/05/2026 (UK) Bristol - Strange Brew
20/05/2026 (UK) London - Cafè OTO
21/05/2026 (UK) Coventry - Just Dropped In
22/05/2026 (UK) Newcastle - The Star and Shadow
23/05/2026 (UK) Liverpool - Outer Waves Festival