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Ténèbres, puits sans fond. Obsküre plonge, fouine, investigue, gratte et remonte tout ce qu’il peut à la surface

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Interview
31/03/2026

Jean-Jacques Burnel (The Stranglers)

À propos de la coopération avec Deleyaman & Fanny Ardant pour la performance voix & musique 'Eluard, Une Poésie ininterrompue'

Genre : performance poétique voix & musique
Lieu : Maison de la Poésie (Paris, 75 003)
Premières dates : 15 & 16 avril 2026
Posté par : Emmanuël Hennequin

Vous ne l’attendiez pas là ? Lui non plus peut-être, jusqu’à ce qu’un jour Aret Madilian et les gens du projet folk/chanson atypique et peu classable Deleyaman, réputé pour le feutre de son son, diffusent sous son nez le parfum d’une aventure poétique – à savoir la mise en place, en coopération, d’une mise en exergue de l’œuvre de Paul Eluard (14/12/1895 – 18/11/1952). Elle passe par une performance voix & musique autour d’écritures sélectionnées du poète surréaliste et fameux résistant français. Jean-Jacques Burnel, membre historique et fondateur des Stranglers, a plongé la tête la première, progressivement envoûté par la puissance des mots et tenté par le caractère inédit de l’expérience. Une aventure dont les premiers épisodes sont programmés pour les 15 et 16 avril 2026 à cette Maison de la Poésie (Paris, 75 003) que Madilian & co. avaient déjà investie en 2023. Deleyaman + Burnel + Fanny Ardant : la mise en commun des forces autour d’une œuvre en mouvement, qui sonde la puissance de l’amour et les versants plus ténébreux de l’âme humaine. Avec Jean-Jacques Burnel, Obsküre plonge dans le processus de travail et inaugure une série d’entretiens à paraître sur l’initiative originale du groupe franco-américain. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Obsküre : Un jour, cette coopération voix et musique autour du travail de Paul Eluard avec Fanny Ardant et Deleyaman vous est proposée par Aret Madilian, de Deleyaman. Quel est votre premier sentiment ?
Jean-Jacques Burnel : Aret et moi sommes en contact depuis assez longtemps, et nous nous sommes rencontrés aussi physiquement à plusieurs reprises. Depuis quelque temps, les gens de Deleyaman me demandaient si je pouvais participer ou collaborer. Je ne sais plus quand j'ai accepté exactement. Mais j'ai été décerné chevalier par le ministère de la culture en France, il y a quelques mois, l'année dernière ; et je me suis dit "merde, maintenant que je suis chevalier des arts et des lettres, je devrais peut-être accepter des propositions sur des choses situées hors de ma zone de sécurité" (sourire). Donc, j'ai dit oui, et depuis quelques mois, je m'entraîne à cet exercice singulier. Je suis d’ailleurs coaché par une actrice locale (NDLR : dans le Var, où demeure aujourd’hui Jean-Jacques), nous y consacrons deux à trois fois par semaine. Quant à Paul Éluard, je connaissais le poète de nom, mais pas son œuvre.

L’œuvre d’Eluard a bercé Deleyaman mais forme à l'inverse une découverte pour vous à l’occasion de cette coopération. Votre regard est neuf…
Je connaissais le nom d’Eluard, oui, bien sûr, et je savais aussi que c'était l’un des grands surréalistes, et que l'une de ses femmes avait été kidnappée par Salvador Dali (sourire). Je l'ai donc découvert plus en profondeur en me plongeant dans l’œuvre, et c'est super… J'ai appris sur la personne, aussi. Eluard : un résistant, un vrai. Et entre nous (sourire naissant), si tous ceux qui se clamaient résistants l’avaient été vraiment en temps et heure, l’invasion allemande se serait peut-être passée autrement, non (sourire) ? Anyway ! Joke.

Avez-vous, vous-même, et tôt dans votre vie, évolué dans un paysage culturel poreux à la poésie ?
Pas du tout. Comme tout gosse, j'ai appris de la poésie dans les cours d'anglais à l'école, parce que j'étais complètement scolarisé en Angleterre. Donc, oui, un petit peu, mais… Non mais, en fait, ce qui se passe aujourd’hui est vraiment nouveau pour moi. Et donc, j'ai dû apprendre comment parler, comment évoquer le sens des poèmes. Et depuis presque trois mois maintenant, plusieurs fois par semaine, j'apprends à trouver le rythme. C'est surtout une question de rythme dans cette poésie... J'imagine d'ailleurs, dans toutes les poésies, qu’il y a un rythme. Et puis il y a aussi certains mots que je ne connaissais pas. De vieux mots. Donc, ça a m’a offert une très bonne séance éducative. Pas seulement en apprenant l'œuvre d'Éluard, mais aussi dans l’approche de la langue française. Plein de choses... Donc oui, je suis ravi d'avoir accepté cette aventure complètement neuve pour moi.

Souvent, on rapproche le punk ou le post-punk d'une forme de frénésie. Mais le silence garde une place dans cette frénésie-là… Quelle vous semble être la place du silence, vous, dans l'œuvre musicale qui est la vôtre ?
Tu dis le "silence", moi j'appelle ça le space. Et ça, c'est très important dans la musique. Parce que si chaque seconde ou microseconde est remplie de sons, ça ne laisse rien respirer, ça ne laisse rien suggérer ou planer. Donc, j'adore le "space" dans la musique. Il y a une expression anglaise, "an empty vessel makes most sound" : un vaisseau vide fait beaucoup plus de bruit. Mais bon, ça, ça s'applique aux gens qui n'arrêtent pas de parler sans cesse. Et ils ne disent rien, tout est rempli. Donc, j'adore l'espace, le space, le silence comme tu dis, dans l'œuvre. Et tu pourrais même dire la même chose, en peinture peut-être aussi, d'ailleurs.

Je reviens sur votre appétit poétique. Votre famille, votre sérail familial, versaient-ils dans la littérature, la poésie, ou pas forcément ?
Du tout (sourire). Ils n'étaient pas éduqués, mes parents. Mon père a quitté l'école à 14 ans. Ma mère à 17. Donc, j'étais le premier… Bon, j'ai remporté un concours pour aller à l'école royale en Angleterre, la Royal Grammar School, datant de 1552, sous Édouard VI, le fils d'Henri VIII. Donc, j'ai fait tout ça, et puis polytechnique après. Non, j'étais le premier dans ma famille à avoir une éducation.

Je reviens sur Éluard et sur ce que vous faites avec Delayaman, et notamment le travail de préparation que vous faites avec cette actrice locale.
Ella a fait le théâtre d'un festival d'Avignon, d'ailleurs. Elle fait des prestations liées à Juliette Gréco et plusieurs autres femmes d'importance. Elle s'y connaît.

Dans la mise en forme, dans ce travail que vous faites avec elle pour Deleyaman, est-ce que vous serez dans un exercice de spoken word, par exemple, quelque chose de posé, ou certaines parties du récital tireront-elles vers une forme plus déclamée ou chantée ?
Mon coach m'a fait apprendre ce que je disais. Tu sais, ce n'est pas simplement raconter des mots écrits. Il faut saisir le sens. Comme si je jouais une pièce, j'imagine. Et donc, ça, ça m'a apporté beaucoup.

Deleyaman vous ont-ils exprimé verbalement des attentes ?
Nous ne vivons pas au même endroit. Ce que je fais avec Aret, c'est, quand je suis assez confiant et suffisamment satisfait, je lui envoie des prises de voix qu’il intègre à des démos. Donc, il y a une démo de toutes les pièces de poésie. Et il me dit si ça marche ou si ça marche pas. Et jusqu'à maintenant, ça marche. J'ai fait la moitié des poèmes, je vais en refaire cette semaine, pour lui envoyer et compléter le projet.

Quel a été votre premier sentiment, lorsqu’Aret vous a proposé de faire ça ? A-t-il pu y avoir hésitation ?
Je ne sais plus…mais vive l'aventure ! C'est quelque chose auquel je n'ai jamais songé. Je n'ai jamais pensé à faire la poésie. Et j'imagine, il y a 40 ans, dans la période punk, que les punks auraient voulu casser ma gueule… et j'aurais gagné (sourire) ! Ou qu’il m’aurait insulté, traité de pédé ou, je ne sais pas, tiens, de "prétentieux"… Mais je m'en fous ! Je m'en fous complètement.

Votre œuvre dans les Stranglers baigne entièrement dans la langue anglaise et d’ailleurs, vous êtes naturellement perçu comme la figure de proue, le membre permanent...
J'ai fondé le groupe, je lui ai donné son nom, j'ai écrit la plupart du matériel, je me suis battu pour les Stranglers. Mais j'ai toujours revendiqué mon côté français, et ça m’a valu  des désagréments : je me suis fait tabasser quand j'étais gosse en Angleterre, parce que j'étais froggy (sourire), mais je m'en fous. J'ai appris à être plus méchant.

Par-delà les Stranglers, dans votre œuvre solo, le français surgit avec Un Jour Parfait, ce genre de choses… L'émotion de la performance vocale, varie-t-elle fondamentalement en fonction de la langue que vous employez ?
Ça, c’est dur à dire. Je parle mieux l'anglais que le français – et d'ailleurs, je forme beaucoup d'Anglais à l’anglais... Bon, j'ai intégré cette école, la Royal Grammar School, donc j'ai quelques avantages sur la plupart des Anglais en ce domaine... Mais j'essaie de me rattraper avec le français, ça c'est sûr. Émotionnellement, je deviens de plus en plus français en vieillissant.

Vous expliquez ça comment ?
J'habite en France aujourd’hui, quasiment en permanence. Je me rends en Angleterre tous les 10, 15 jours, pour les Stranglers ou pour donner des cours à Londres, mais sinon, je suis là.

L'appétit que vous éprouvez pour ce que vous faites aujourd'hui, à travers l'expérience poétique avec Deleyaman, n'est-ce pas lié aussi à un "mystère de la langue" ? La langue est vivante, et donc toujours pour partie insondable ; mais quand elle est maternelle, on le ressent moins fort. Est-ce que vis-à-vis du français, il y a pour vous l’anglophone cette part de mystère qui fait que vous éprouvez un appétit peut-être singulier pour ce que vous êtes en train de faire avec Deleyaman sur Eluard - parce que, justement, il y a ce truc qu'on ne maîtrise pas vraiment tout à fait ?
Oui, et je crois que mon éducation française s'accélère en ce moment, à cause de la poésie… Par le passé, quand j'ai fait des albums comme Un Jour Parfait par exemple, je voulais pousser plus loin mon approche du français, ce "côté français". Quand j'étais gosse, la musique française ou francophone n'était pas très bien vue par les jeunes. La phrase qui revenait, c’était "It's fucking shite !" (rire). Parce qu'eux, ils ne connaissaient pas Jacques Dutronc ou Serge Gainsbourg, France Gall, Gilbert Becaud, Jacques Brel… Donc, ils ont eu toujours un peu ce snobisme vis-à-vis de la musique française en général. Mais, comme je me plaisais bien expliquer à mes collègues britanniques, la musique la plus révolutionnaire du XXe siècle, est française : Satie, Debussy, Ravel, Messiaen... et il y en a bien d'autres !

Voyez-vous cette coopération avec Delayaman comme un cadre expérimental et de court terme, ou est-ce quelque chose qui vous semble pouvoir s'installer dans le temps ?
Je laisse toutes les options ouvertes. Si ça marche bien, comme je l'espère, bien entendu que l’expérience pourra se prolonger. Je m'entends bien avec Aret, et je me suis bien entendu avec Fanny (Ardant). Qui sait où tout ça nous mènera ? Tu comprends l'anglais ?

Oui, un peu, oui. J’ai appris la langue partiellement en écoutant et en traduisant des chansons de The Cure.
Ah, ils ont joué avec Stranglers. On a eu une super bonne aventure avec les Cure. Je t'explique, tu veux…

Oui, oui, digressons dix-sept secondes !
À l'époque, The Cure gravissait les échelons. Nous, on en avait déjà gravi pas mal. Il y avait un festival en Belgique, 25 000 personnes. Et donc, The Stranglers avaient été mis en tête d'affiche et The Cure avant nous. Robert Smith dit : "Non, maintenant nous, on veut être en tête d'affiche." Et nous, on a dit : "OK, vous jouerez après nous, mais le problème c’est que personne ne peut nous suivre." Ils ont réagi : "Merde, non, on ne veut pas être sur la même scène que ce groupe parce qu'ils sont horribles, méchants, violents et agressifs. Non, il ne vaut mieux pas. " Et donc le promoteur, le tourneur, il était obligé de faire un choix. Il a choisi les Stranglers. Et le problème c'était que ça se passait à l'époque de Feline, un album qui a très bien marché en France. Sur scène, nous faisions un segue, c'est-à-dire un intervalle rythmique entre deux morceaux. Donc Jett le batteur et moi, on faisait un truc syncopé, et puis les autres revenaient jouer dans le morceau d’après. Malheureusement ce jour-là, c'était en festival, et donc il n'y avait pas de prise de son, de balances avant le concert (NDLR : en raison de l’en,chaînement des performances). Jett et moi nous n'entendions pas les autres sur scène, eux non plus. C'était la merde, un truc horrible, une cacophonie. Du coup j'ai balancé ma guitare au monitoring, et nous sommes sortis de la scène, croyant qu'après cinq minutes ils auraient résolu le problème. Mais ils n’ont pas eu le temps : 25 000 personnes ont démarré une émeute. La scène a été détruite, et nous étions cachés dans une espèce de compartiment derrière la scène. C'était dans un grand champ de bataille : jets de canettes, de bouteilles, c'était vraiment... Et là, la police anti-émeutes est arrivée avec des camions et des canons d'eau pour disperser le public, qui voulait nous tuer. Nous on s'est barré vite, et avons repris la route qui menait à Calais. Après ça, fin de notre carrière pendant trois ans, en Belgique, en Benelux, et en France aussi. Donc ils avaient raison les Cure, ils auraient dû le faire.

(Rire) Avec Fanny Ardant sur scène, qui est aussi en charge de la dimension vocale pour la performance avec Deleyaman, comment ça va se passer ? Vos performances individuelles sont-elle mélangées, ou apparaissez-vous à tour de rôle sur scène ?
Nous alternons. Je crois que c'est moi qui commence, ensuite il y a la musique qui monte en dessous, et avec Fanny, on échange nos places.

Est-ce que dans les préparations, avec votre coach en local, dans le Var, la tonalité de ce que vous faites est discutée aussi avec Fanny ?
Pas encore. Mais Aret dirige, c'est lui le producteur, et jusqu'à maintenant, j’ai le sentiment que les démarches que nous avons entreprises ont été acceptées par lui.

Eluard, c'est une poésie protéiforme. Bien sûr qu'il y a l'amour, mais...
C'est assez sombre, oui. Il y a des moments d'éclaircie, quand il parle de l'amour. Mais vu ce qu'il a vécu pendant la guerre, il y a beaucoup de... ça cause de bourreaux, de sang, de tombeaux… mais d'amour aussi. C'est assez sombre tout  de même, parfois noir.

Et dans quelle disposition d'esprit vous porte cette lecture, et le fait que vous habitiez ces textes maintenant ?
Écoute, j'ai commencé à apprécier le sens des mots aussi, pas seulement la façon de diffuser la langue rythmiquement, mais le sens des phrases. Parfois il faut laisser un petit silence, le mot se transmet au public, il vole au-dessus de l’auditoire.

Ce choix que vous faites aujourd'hui est singulier. Les choix ne se produisent pas vraiment par hasard. Dans l'art il n'y a que le désir, s'il n'y a pas de désir il n'y a rien. Or il n'y a pas, à ma connaissance, de fil éluardien qui structurerait votre œuvre de bassiste-chanteur au sein des Stranglers. En voyez-vous un aujourd'hui et avec le recul, pensez-vous qu'il y a des choses que vous dites aujourd'hui qui auraient pu être dites par les Stranglers autrement avant, si le groupe avait été en conscience de l’œuvre d’Eluard ?
Ah oui, surtout dans la période très noire des Stranglers. Après tout, nous sommes les hommes en noir (NDLR : référence à l’album The Gospel According to the Meninblack, 1981). Et nous avons évoqué des sujets un peu… ésotériques, disons, dans le passé. Donc le noir, je connais un peu (sourire). Mais je ne veux me baigner dans le noir en permanence, ce serait un peu trop négatif. C'est le contraste des choses, n'est-ce pas… Si on a le bonheur d'avoir connu l'amour, on a eu sans doute le malheur de connaître le malheur. Quand je dis aujourd’hui que je suis en dehors de ma zone de confort, c’est parce que je suis d'abord un musicien, un chanteur. Je ne dis pas les textes des autres. Mais bon, aujourd’hui, je le fais avec Deleyaman et Fanny Ardant. Et donc, j'essaie d'interpréter. Et c'est un terme qui est beaucoup plus commun en France qu'en Angleterre. J'ai toujours expliqué à mes collègues anglais que le terme interprétation est très important pour les Français. Les bons acteurs, ils interprètent. Et peut-être qu'ils puisent dans leur vécu avec un peu de chance… Donc ils ont connu à un certain moment une émotion dans laquelle ils puisent. Et moi, j'apprends ça.

On sent Aret Madilian, de Deleyaman, extrêmement concerné par ce qui se passe en ce moment entre le groupe, toi et Fanny Ardant. Il a le comportement d’un producteur.
Oui, il est complètement investi. Pour moi, oui, c'est le producteur de toute cette chose. C'est inévitable, d’ailleurs, qu'il soit si concerné et investi. S'il n'était pas à ce point, nous serions dans un gimmick et je ne participerais pas. Aret est un innovateur. Il est si bien investi dans ce truc, que j’ai envie de le suivre.

Aret est donc un peu le chef d'orchestre dans cette histoire. Est-ce que vous avez eu des échanges avec lui et les musiciens de Deleyaman sur le choix des textes intégrés à la performance, sur la manière dont ils résonnent, à la fois pour vous, pour eux ? À quel point cette construction passe-t-elle par les mots ?
Il y a une part de non-dit dans tout ça. Au début, quand j'ai reçu les textes, je les ai lus. Je ne disais rien, exceptionnellement. Mais c'est en commençant à les vocaliser que je me suis un peu perdu. Parce que je ne comprenais pas le sens de tous. Il y en avait un, surtout, que je trouvais difficile. Aret a dit : "Dans ce cas-là, ne le fais pas, et nous trouverons un autre." J'ai insisté, et petit à petit, je suis rentré dans le texte. Et à partir de ce moment, je me suis dit : "Non, je ne vais pas mettre à la poubelle ce texte particulier. Je veux le travailler". Et aujourd’hui, je me sens à l’aise avec.

Aujourd'hui, dans cet exercice dans lequel vous êtes en train de progresser, est-ce que vous avez le sentiment que cette œuvre soit un peu devenue comme un "bain" pour vous ? Un environnement familier ?
Le texte d’Eluard m’est devenu familier, je crois oui, mais ce n'est pas à moi d’en juger. Oui, bien sûr. Ça fait des mois et des mois que je répète, que je me corrige. J'essaye d'aller hors de moi, de "m'extérioriser", si je puis dire en français. Oui, c'est ça.

Vous allez interagir avec Fanny Ardant sur scène. Quel rapport avez-vous créé avec elle ?
Je l'ai seulement rencontrée une fois, avant Noël 2025. Il fallait que nous nous rencontrions pour voir si nous allions progresser dans cette aventure. Nous nous sommes si bien entendus… Moi, de mon côté, je me suis si bien entendu avec elle que j'ai dit, sur le coup : "OK, prochaine étape !"

Dans cet échange direct que vous avez pu avoir avec elle, en la voyant, qu'est-ce que vous avez perçu de Fanny que vous n'imaginiez pas ?
Écoute, je ne la connaissais pas beaucoup en fait, parce que je ne suis pas connaisseur du cinéma français. Mais je commence à l'être, par contre... Et ce qui m'a étonné avec elle, c'est qu'elle essayait de me provoquer. Je croyais que j'étais maître de la provoc, en tout cas c'était ma réputation. Alors quelqu'un qui essaie de me provoquer plus encore, franchement, ça m'a intrigué.

> DELEYAMAN + FANNY ARDANT + J.-J. BURNEL
- Eluard, Une Poésie Ininterrompue
- Maison de la Poésie : Passage Moliėre - 157, rue Saint-Martin - 75 003 Paris
- M° Rambuteau - RER Les Halles
- Tél. : 01 44 54 53 00