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Album
07/08/2026

Nam-Khar

Antimon

Label : Zazen Sounds / Cyclic Law
Genre : dark space ambient / Berlin school / drone / glitch
Date de sortie : 2026/07/20
Note : 96%
Posté par : Oliviër Bernard Wirth

Le collectif occulte Nam-Khar revient cette année avec une offrande inédite. Antimon succède ainsi à The Sarajevo Spiral et à la "trilogie tibétaine" amorcée en 2018 avec Secret Essence. Les Allemands, qui ont débuté leurs méfaits en 2009, font partie d’une communauté de musiciens ésotériques (Shibalba, Vortex, Phurpa, Alone In The Hollow Garden) ayant souvent fait paraître leurs travaux chez Zazen Sounds. D’ailleurs, le label grec est le co-éditeur avec Cyclic Law de ce nouveau disque. Sept morceaux constituent cet opus, traversé par le symbolisme alchimique et son interprétation jungienne. Le communiqué officiel précise : "L’ancienne transmutation du plomb en or devient un symbole de la purification et de l’intégration du moi fragmenté, reflétant le processus que Jung a identifié comme l’individuation."

De l’œuvre au noir jusqu’à l’élixir, en passant par la pierre philosophale, tout l’album est imprégné de cette thématique, jusqu’à son titre : Antimon, ou antimoine. Selon le Dictionnaire des Symboles (éd. Robert Laffont), ce métal "symboliserait, du point de vue analytique, un état très proche de la perfection, dans l’évolution d’un être." Dès lors, nous sommes frappés par l’extraordinaire homogénéité stylistique proposée ici. Délaissant quelque peu des formes rituelles plus poussées, Nam-Khar distille un ambient cosmique, fortement teinté de Berlin school, qui fait voyager totalement l’auditeur. Les séquences assènent un rythme diffus, pour contrebalancer les effets les plus planants. Nappes et drones s’entremêlent hardiment, laissant place à des textures profondes et poignantes. "Melanosis" par exemple est très proche de l’art de Martin Stürtzer.

Antimon gravite en apesanteur, une traversée subtile des différents états intérieurs de l’individu en quête de sagesse. Ainsi, l’obscurité tapisse par moments les profondeurs harmoniques, résonnant comme une menace révélatrice dans ce chemin initiatique. Les éléments les plus dark se trouvent sur "Leukosis", "Lapis Philodsophorum" et "Elixir". Mais cette noirceur, renforcée par l’emploi de glitchs, est passagère. Car l’essentiel est ailleurs. Le groupe cisèle sa musique minutieusement afin que nous soyons saisis par l’intensité astrale des atmosphères composées. Oubliez pour un temps votre matière terrestre pour vous plonger dans l’immensité du Grand Tout. Écoutez votre cœur et délivrez-vous du mental, la récompense se trouve au bout du processus. Le son vous absorbe littéralement, ne résistez pas.

Un chef-d’œuvre ? Disons-le. Nam-Khar frappe fort et ça fait du bien. Antimon ne comporte que très peu de fausses notes. En bon critique, il est normal de trouver à redire sur certains points. Ainsi, "Lapis Philodsophorum" privilégie une forme plus expérimentale, qui laisse à moitié froid. Certes. Mais l’ensemble est remarquable. Ce périple sonore nous transporte vers d’autres galaxies, avec l’envie d’explorer notre condition d’homme face à l’Univers. Des noms nous viennent pour décrire cette musique d’ailleurs : Steve Roach, Max Corbacho et Stellardrone ("Coniunctio"), Ian Boddy et Spacecraft ("Xanthosis") ou encore Erik Wøllo (sur le très cinématique "Leukosis"). De belles références qui prouvent l’excellence de cette formation, qui unit un savoir docte et une maîtrise parfaite des ambiances.

Tracklist
  • 01. Melanosis
  • 02. Leukosis
  • 03. Xanthosis
  • 04. Iosis
  • 05. Coniunctio
  • 06. Lapis Philodsophorum
  • 07. Elixir