L’Etrange Festival, remarquable événement parisien incontournable pour tout amateur de films de genre inquiétants, insolites, bizarres et inhabituels présente notamment, chaque année, en sus des oeuvres cinématographiques de fiction, des documentaires liés à la musique qui peut elle aussi être qualifiée de singulière.
Cette année, la programmation a notamment permis de découvrir en première internationale Romeo’s Distress, docu consacré au parcours de Rozz Williams, regretté fondateur de Christian Death qui s’est pendu en 1998 à 34 ans. La carrière relativement courte de l’Américain est presque aussi culte que celle de Ian Curtis (Joy Division).
Le réalisateur Nico B., fondateur de Cult Videotheek et Cult Epics et qui a bien connu Rozz via sa maîtresse Gitane Demone, conte le chemin de croix mais aussi la voie royale et flamboyante du charismatique artiste attiré par la morbidité du monde. De multiples anecdotes, des explications sur l’origine des noms des divers projets musicaux de Rozz (Shadow Project, Premature Ejaculation, Heltir..) racontés par ses proches (notamment sa mère et ses frères et soeur!), ses collaborateurs, ses amis et/ou anciens amants, de Gitane Demone à Ron Athey, en passant par David Glass, Eva O. ... ou encore le Français Yann Farcy (s’exprimant en anglais), lui qui a fait connaître Christian Death en Europe à ses tout débuts : c'était early 80’s, grâce et par le biais de son cultissime label L’Invitation Au Suicide, nom tristement prophétique s’il en est !
On ne sera pas surpris de ne pas voir intervenir Valor, guitariste qui a décidé de poursuivre la carrière de Christian Death malgré la défection du leader (qui a quitté et pensé dissoudre le groupe bien avant sa mort). Ceci n’est d’ailleurs pratiquement pas expliqué dans le doc qui se consacre surtout aux diverses créations artistiques de Rozz dont son oeuvre ultime, réalisée l’année de sa mort par le même Nico B., le film ThrobbingGristlo-horrifico-expé Pig, projeté lui aussi à la suite de Romeo’s Distress.