Les premières versions de ces titres étaient parues fin 2023 sur Bandcamp et contenaient déjà une force. Acte de naissance, son brut. Mais Tannhaüser Dream semble affaire de persévérance, et ce projet français aux ambiances délicates et à la puissance maîtrisée revient à l’aube de cet été 2026 avec son premier EP plus... officiel.
Une musique organique, au sens le plus noble du terme. De cette chair et cette part de magie que transporte l’électricité du quatuor formé par Ekaterina, Hugo, Jessy et Kent : les volumes, leurs épaisseurs en fluctuation ; et puis ce qui s’exprime en filigrane, âpre mélancolie qui transpire des voix et des guitares (s’évanouir dans les larmes et sous la pluie, suggestion métaphorique de "Like Tears in the Rain" ; histoires de foi et de lumière sur "Escape"). La vibration d'une anxiété, peut-être, face à un futur mal dessiné, qu’enrobent des instrumentations suggestives. Les guitares et les voix, en clarté, découpées, économes, parlent très directement au cœur – un constat que nous faisions à l’écoute de ce projet auquel Kent appartenait : Vesperal, perle néofolk, dont l’esprit de certaines suites et couleurs se prolongent ici, quoique diffèrent les reliefs..jpg)
Prendre les mêmes et recommencer : avec ce premier "vrai" EP, Tannhäuser Dream marque progression nette par rapport aux mêmes démos de 2023. Le son s’est raffiné, mais ce qui motive les écritures demeure. Il y a une cohésion de groupe, une âme ("Sovereign", ces guitares qui caressent, la gorge qui se noue). Priez pour que dure l’aventure de cette France-là, d’émotion, de feutre, de bruit givré.