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Album
05/04/2024

Then Comes Silence

Trickery

Label : Metropolis
Genre : dark rock / soft afterpunk / darkwave / goth anthems
Date de sortie : 2024/04/05
Note : 75%
Posté par : Emmanuël Hennequin

L’histoire est écrite par les vainqueurs. Dans celle des prolifiques Suédois Then Comes Silence, ceux qui restent se nomment Alex Svenson (chant, basse, synthétiseurs, composition) et deux membres dont l’entrée s’est produite sur 2015 et 2018 : Hugo Zombie (guitare, arrivée la plus récente) et Jonas Fransson (batterie). Exit le six-cordiste Mattias Ruejas Jonson, l’histoire se resserre. Trio pour Trickery, Then Comes Silence se recentre mais que s’apaisent les craintes qui pourraient se faire jour à cette annonce : le son ne perd pas son expressivité, et le cru 2024 a un certain éclat. Opus VII : reposer les bases.

Enregistré en quelques jours à Stockholm (avec Jörgen Wall, un type qui a travaillé pour les garageux Hellacopters) et mixé par un gars "qui fait du gros" (Tom van Heesch a entre autres inscrit Rammstein à son CV), Trickery enfile les chansons les plus directes comme des perles ("Never change", "Ride or die"). Il y a un groove ténébreux ("Like a Hammer") mais tout n’est pas enlevé non plus : TCS sait aussi poser les choses ("Ghost House"), et il fait bien. Homogénéité et mouvement, mamelles d’un délice en prolongement. Dans l’ensemble aussi, les mélodies s’avèrent concentrées et le groupe revient avec ni plus ni moins qu’une collection de petits tubes. Vous allez danser.

Svenson tient ses troupes. Le groupe sait mettre les formes, et fait ses choix. La gorge de Svenson transporte une émotion, et le groupe injecte du nerf dans un relief poli ("Dead Friend", inflexions punk garage matinées par la production – vous n’êtes clairement pas chez Hellacopters). Les sons de synthèse imprègnent et – affaire de goûts – un niveau supérieur d’incision accordé à la matière guitares (ce dont font preuve, à leur manière, "Stay strange" ou "Stiffs") n’aurait pas été de trop : ce truc que nous retrouvons, en totale franchise, chez un Naut pour citer un exemple qui récemment frappa. Tout reste en définitive assez rond, mais il y a de la cohérence : si le disque renvoie au final l’impression de quelque chose de très calibré, la maîtrise du propos est indéniable. Trickery : une manière comme une autre de toucher l’essentiel ; et surtout, des mélodies qui restent. Le principal, en somme.

Tracklist
  • 01. Ride or die
  • 02. Like a Hammer
  • 03. Feel the Cold
  • 04. Tears and Cries
  • 05. Stay Strange
  • 06. Stiffs
  • 07. Blind Eye
  • 08. The Masquerade
  • 09. Never change
  • 10. Dead Friend
  • 11. Runners
  • 12. Ghost House