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Album
11/06/2026

Twelve Thousand Days

As The Moon Draws The Tide

Label : FinalMuzik
Genre : neofolk
Date de sortie : 2026/04/07
Note : 78%
Posté par : Mäx Lachaud

La créativité du duo formé par Martyn Bates (Eyeless in Gaza) et Alan Trench (Orchis) depuis leur retour avec Insect Silence en 2018 nous impressionne. Actifs sous le nom Twelve Thousand Days depuis 2000, les musiciens ont trouvé avec cet accueil chez le label Final Muzik un endroit où ils se sentent bien et nous fournissent au rythme de quasiment un album par an des merveilles de chansons néofolk inspirées par la poésie et le romantisme anglais. Pour ce neuvième opus, les textes peuvent être aussi bien empruntés à Shakespeare qu'à la romancière du début du XXe siècle, Mary Webb, alors que l'esthétique est à chercher du côté du peintre allemand Friedrich.

Les précédents disques ont mis la barre tellement haut qu'on se demande comment faire aussi bien, mais ce nouveau disque propose également de belles surprises, notamment "The Witches' Reel" qui démarre le voyage sur les chapeaux de roue, mélodieux et envoûtant jusqu'à une montée finale en transe hallucinée. Dans l'esprit, la démarche et les sonorités, on reste bien dans un domaine que les amateurs de Current 93 ne peuvent qu'apprécier. L'instrumentation est toujours aussi riche, des orgues et mellotrons jusqu'à tout un attirail acoustique. On retrouve aussi des reprises de chants traditionnels ("Heathen Dog") comme à l'accoutumée. On peut juste souligner que la dimension psychédélique est particulièrement mise en avant avec des guitares qui s'en donnent à cœur joie ("Red Queen, white Queen"). Mais là où l'album nous séduit le plus, c'est dans ses ambiances éthérées et mélancoliques, qui peuvent même rappeler This Mortal Coil, notamment sur "Notes from a ruined City" avec ses beaux arrangements de cordes (le titre bénéficie d'ailleurs d'une vidéo, ce qui est assez rare pour le projet).

Tout est très planant ici, avec parfois des flûtes rêveuses ("Asphodel Flowers") ou des environnements électroniques étranges ("Upon the Blasted Heath"). La valse "Ghosts of Skyriot Horses" développe une sympathique touche sixties alors que "Deceived" pourrait être une comptine de pure folk chantée par la plus délicate des voix. Celle-ci se dédouble sur pas mal de morceaux ("Heathen Dog", "Asphodel Flowers"...) et ne fait que nous amener toujours plus loin dans la douceur et l'intime. Malgré quelques morceaux moins forts ("Faery Led"), il s'agit là encore d'un bien bel exercice pour mettre en avant ce chant unique qu'est celui de Martyn Bates. Toujours en apesanteur.  

Tracklist
  • 01. Witch Reels
  • 02. Red Queen, white Queen
  • 03. Notes from a ruined City
  • 04. Heathen Dog
  • 05. Faery Led
  • 06. Asphodel Flowers
  • 07. Deceived
  • 08. Upon the blasted Heat
  • 09. Ghosts
  • 10. Bad Apples