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Album
28/01/2026

Ulver

Neverland

Label : House Of Mythology
Genre : ambient / new age / electronic / IDM / EDM
Date de sortie : 2025/12/31 (format digital) / 2026/02/27 (format physique)
Note : 78%
Posté par : Oliviër Bernard Wirth

Ulver aime surprendre, rien de nouveau ! Cette fois-ci encore le groupe norvégien aux plus de trente ans de carrière déroute son public. En effet, après une trilogie placée sous le signe du format chanson (le dernier album en date étant Liminal Animals), voilà nos Loups lorgner du côté de l’IDM et de l’électronique au sens large. La formation a voulu s’affranchir de certaines contraintes, explorer différents territoires sonores sans s’imposer de limites, dans une approche "plus punk". Il en résulte un format long convoquant le spectre notamment de Perdition City (2000) et des EP Silence (2001). Neverland est composé de onze titres instrumentaux (ou presque) à la palette stylistique assez étoffée. Ce quatorzième opus studio a été enregistré à Oslo par Kristoffer Rygg et Ole Alexander Halstensgård.

Tout commence par des sons mélodieux, enveloppants. Des cris fugaces d’oiseaux, un sentiment de légèreté totale, accentuée par la voix chaude d’un homme récitant le poème The Waste Land (La Terre vaine) de T. S. Eliot. Une vignette new age tendant vers le chill-out… Puis, quelques notes maussades de piano sont égrenées, transformées ensuite par divers instruments électroniques. Des variations subtiles apparaissent, secondées par un beat ravageur. Après, "Weeping Stone" fait le lien avec le versant dark d’Ulver. On y perçoit une voix féminine lointaine, ensevelie par un magma d’effets. Cet aspect plus sombre se retrouve sur "Horses of the Plough" et "Quivers in the Marrow", mais sans complaisance. À l’inverse, Neverland sait  également être lumineux et entêtant (cf. "Hark! Hark! The Dogs do bark", "Fire in the End").

Nous sentons ici une certaine inspiration. Les sonorités sont variées, regardant parfois dans le rétroviseur. Ainsi, Neverland reprend certains thèmes chers à l’electronica des années quatre-vingt-dix. "Pandora’s Box" est un bon exemple, puisqu’on y décèle assez clairement l’influence de Boards Of Canada. En revanche, les Scandinaves savent aussi rendre hommage à la scène dubstep/EDM actuelle. Une piste en particulier est affiliée au genre : "Welcome to the Jungle". De plus, quelques touches de glitch sont à relever ("Pandora’s Box"), voire même de jungle ("They’re coming! The Birds!"). Enfin, des éléments plus rock sont audibles sur "People of the Hills". La bande à Garm a donc clairement laissé libre cours à ses envies du moment, en construisant des morceaux bigarrés et jouissifs dans l’ensemble.

Vous l’aurez compris, Neverland est un disque riche. Ulver a, selon son habitude, modifié sa formule, pour resserrer ici son propos musical. En effet, nous nous éloignons considérablement de l’univers synthpop/synthwave précédent pour nous orienter vers les rivages d’une electro à la fois divertissante et "savante". Rygg ne chante pas, privilégiant la mise en place d’atmosphères diverses, afin de réaliser des climats touchants et oniriques, bien que rythmés et parfois angoissants. Ce mélange est plutôt osé et par moments, la sauce ne prend qu’à moitié. Ainsi, "Elephant Trunk", "Pandora’s Box" et  "Quivers in the Marrow" manquent un peu de saveur selon nous. Néanmoins, nous pouvons reconnaître l’extraordinaire sens créatif de ces gaillards, qui décidément détestent se reposer sur leurs lauriers.

Tracklist
  • 01. Fear in an Handful of Dust
  • 02. Elephant Trunk
  • 03. Weeping Stone
  • 04. People of the Hills
  • 05. They’re coming! The Birds!
  • 06. Hark! Hark! The Dogs do bark
  • 07. Horses of the Plough
  • 08. Pandora’s Box
  • 09. Quivers in the Marrow
  • 10. Welcome to the Jungle
  • 11. Fire in the End