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Album
29/10/2026

Varsovie

Notes Pour Plus Tard

Label : Icy Cold Records
Genre : rock sombre et poétique
Date de sortie : 2026/10/16
Note : 79%
Posté par : Sylvaïn Nicolino

Varsovie, le groupe, c'est facile de les soutenir. Leurs albums s'enchaînent à un rythme digne de celui des belles années pour la musique. Depuis la création du groupe en 2005, le duo a cumulé neuf sorties officielles (dont six albums). C'est régulier, assez soutenu pour être toujours dans l'actualité avec un format long tous les deux-trois ans. Un tel rythme, c'est celui des cadors de Fontaines DC ou des Pixies depuis leur retour. Cela est à la dynamique historique du rock, quand bien même les années filent et marquent les corps et les visages.

Les pochettes accumulent les visuels élégants, races. Les portraits du départ ont laissé place à des éléments de paysage plus graphiques. L'auditeur doit désormais investir et donner une sensation à ce qui n'était au départ que "joli et signifiant". Le retour en grâce du vinyle permet de choisir le format qui éclairera la porte du salon ou le mur.

Un album est affaire de promotion et le single "Treize Collines" dévoilé quelques mois plus tôt, avait fait belle impression. Varsovie sait faire. On y retrouvait les marques de fabrique du groupe : l'allégorie (Paris et les attentats dans le texte), le rythme trépidant, la mélodie, la qualité de l'enregistrement dévoilant une multitude de pistes bien enlacées les unes dans les autres. Face à l'adversité, faire corps.

Avec Varsovie, on est dans un espace rassurant : le groupe n'a pas vécu de changement énorme sur le plan stylistique. Contrairement aux comparaisons de cette génération (Joy/Disaster et Torso), Varsovie a capitalisé sur ce qu'il savait faire, pour polir à chaque fois un peu plus son œuvre. Pas de surprise, pas de trahison. Une continuité, un style, un cadeau renouvelé. "Pour que rien ne puisse te surprendre". Et la batterie claque, et les vers sont autant de slogans magnifiques qui captent l'air du temps : "Partout les Chiens" s'offre le luxe d'être dans la rue, dans l'audace, l'énergie, les sursauts. Ailleurs, c'est encore cet amour pour des figures d'autrefois, liées au combat, à la Résistance ("Unica Zürn" cette fois-ci). Un attachement aux personnalités complexes.

Pourtant, dans cet écrin reconnu, le spécialiste (on dit aussi le fan) déniche des détails qui le captivent par leur soudaineté étrange : un break à la guitare, une tonalité différente qui sonne d'autant mieux qu'elle est inédite (« Unica Zürn »). C'est l'alliance de la glace en nappage et du cœur chaud comme sur la partie centrale de "Partout les Chiens". Cet album est celui des pas de côté.

Le groupe, une fois placé des titres classiques (les deux premiers, les deux derniers), remue ses habitudes avec des essais, des expérimentations de quelques dizaines de secondes. La rage est moins forte ainsi que la montre "1988", portée par une batterie de premier ordre, mais dans laquelle un regard plus tendre émerge. J'aime bien le trip ska-reggae de "Stress", et j'adorerais écouter un Varsovie qui réussirait à basculer sur tout un titre avec cette approche. Pour donner une idée, Indochine a toujours su bouger, au risque de se perdre (Wax), les Thugs ont évolué plus en douceur. Si Varsovie veut se métamorphoser, libre à eux. La sortie précédente, Déviation, avec ses reprises, poussait déjà dans le sens des ouvertures, comme si un tournant devait arriver prochainement. En l'attendant, huit titres encore de très haut niveau qui combleront les adeptes et capteront, sur l'espoir, des néophytes.

Tracklist
  • 01. Notes pour plus tard
  • 02. Treize Collines
  • 03. Unica Zürn
  • 04. Partout les Chiens
  • 05. Stress
  • 06. 1988
  • 07. La Battue
  • 08. Présence